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elles sont ou doivent être irrévocablement jugées.
Que l’état au contraire vende toutes ses forêts;s’il éprouve une calamité, s’il est forcé de soutenirune guerre, il n’a plus qu’à se rejetter sur les im-pôts-, s’il le fait, il accroît la calamité et son discré-dit, parceque les impôts extrêmes tarissent lesressources de la reproduction, et de l’industrie;ainsi donc, quand il seroit vrai qu’un milliard,issu de la vente des forêts, éteindroit la dette pu-blique, il faudroit encore regarder cette vente,comme une dernière ruine.
Qu’on lise tous les discours et les comptes ren-dus, depuis trente années; chaque orateur bercépar la plus flatteuse espérance, a annoncé le paie-ment ou l’extinction delà dette, la consolidation ducrédit et tous les trésors de la prospérité; ce textemême seroit une histoire piquante, et utile pourla leçon publique, et bien, malgré toutes ces as-surances, données quelquefois par des bouchespures, on n’a corrigé ni les vices, ni ralenti lesmêmes affirmatives, et toujours, la dette publiqueest ou une épouvante ou un épouvantail.
Nous venons de raisonner dans l’hypothèse d’unelibération de l’état, mais il est d’autres motifsjetés en avant, avecle ton d’une politique profonde,quelquefois dédaigneuse envers le vulgaire; il estimportant, il est urgent, vous dit-on, à demimot, de mettre, promptement, tous ces bois , sous