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C’est l’ordre de la nature, et c’est dans cet ordreque nos pères avoient puisé leurs lois de sagessesur les eaux et forêts; et ce soin, jusqu’à nos jours,a occupé les plus grands rois et les plus grandsministres ; une telle application de leur part, n’étoitni une erreur, ni un préjugé, ni l’observance d’unevieille tradition ; c’étoit un principe d’état quen’avoient pu faire perdre de vue les révolutionspolitiques et religieuses -, il étoit réservé à notreâge de le méconnoitre , et de tourner en dérisioncette voix antique et sainte qui fait cj aindre « quela France ne périsse faute de bois. »
Si d’après tous les faits qu’on vient de citer, sid’après tant d’avis donnés pendant trente ans,sans discontinuation et sans aucune ombre depassion, ou d’intérêts privés, l’ordre actuel deschoses, ne change pas pour les eaux et forêts, ilne reste plus à l’homme de bien qui brûle d’amourpour sa patrie, qu’à s’envelopper dans son manteauet à voir venir la destinée qu’on subit dans lesdéserts ; cette pensée, que je crains toujours de voirtaxer d’exagération , quoicpie j’en aie expliqué lesens et l’effectif, est pourtant, selon toute sa forcevirtuelle, dans l’absence des eaux et forêts, elle semontre déjà par de sinistres effets, etc’estafin d’enarrêter le cours, que tant de voix s’élèvent pourin-voquer des lois de conservation et de réparations.
On ne peut nier, lût-on sceptique à gages, que