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H ne peut donc y avoir rien de plus fortement,et unanimement prouvé que ce fait « qu’il n’y a pasassez de bois, d’eaux et de forêts en France, pourtous lesusagoset les nécessités de la vie;et jenesaisquel argument on pourrait opposer à cette ef-frayante, et imposante unanimité.
Pour mieux combattre l’égoïsme, ( mot fatalqui n’est devenu français, que depuis un demi-siè-cle , et qui semble devenir le fond de la langue),il eût été à désirer sans doute, sur une telle ques-tion , et dans de telles circonstances, de pouvoirspécifier pour chaque département et arrondis-sement, quelle avoit été la destruction des forêts,des plantations, et des eaux, depuis i6bg jusqu’à1817 ,• mais il n’y aurait que le gouvernement quipourrait ordonner et conduire un tel travail • ilserait d’ailleurs presque impossible de le réaliserpour la période de la révolution, par la cause seuledes catégories des domaines nationaux; il seroitmême dangereux, et impolitique de s’y livrer,parce que, des qu’il s’agit des intérêts privés, l’opi-nion s’alarme facilement et à cet égard, il convientde citer le trait de cet intendant qui, porté par debonnes vues, fit recenser parles sergens le nombredes ruches d’abeilles qui se trouvoient dans sa gé-néralité ; ceux qui en avoienl, craignirent un im-pôt, ( c’étoit des Normands, ) et un mois après til n’y eut plus de ruches d’abeilles.