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Mais s’il m’a été impossible de pouvoir ainsi sa-tisfaire tous les doutes, et de convaincre les incré-dules, il n’en est pas moins constant, pour touthomme de bonne foi, que la destruction des fo-rêts, a été immense et rapidement progressive,depuis 1762, époque des ordonnances sur les dé-frichemens, jusqu’à nos jours. J e peux dumoins met-tre sous les yeux du lecteur, une vérité de fait qui,seule donne la mesure de cette destruction générale.
La forêt la plus utile et la plus importante,pour les grands intérêts de l’Ltat, et surtout pourla capitale , étoit sans contredit, celle d’Orléans ,qui, placée sur un fleuve et sur un canal navigable,fournissoit à la marine , à l’industrie, et auxfoyers.
Àu commencement du dix-huitième siècle, d’a-près un habile réformateur, la forêt d’Orléans ,
contenoit, en 1704.121,000 arp.
elle étoit réduite, en 1789, à. . . . 70,000 arp.
différence. 5 i,000 arp.
De l’aveu de tous les forestiers, c’est dans cetteforêt, qu’il / a eu pendant la terreur et la révolu-r-tion , plus de déprédations, d’abus, de collu-sions , et d’anticipations de coupes ; tous les ayant-droits, propriétaires, gruiers, usagers et commu-nautés, ont interprété leurs jouissances, dans lesens de leurs intérêts respectifs; il y a peu de fo-