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K. N'° 55. LE Ü11ASSKRAL. LE LAC I)E ÎIIENNK.
français qui, le I er mars 1805, tra-versa en une minute un canal sou-terrain rempli d’eau et long de 300pas, dans lequel il était tombé.—Belles vues sur les hauteurs voisines,à la Maison-Blanche , aux maisonsde campagne de Rockhall, Ried ,Bellevue, a l’église de Vingels (15 et30 m.). De tous ces points, on dé-couvre la chaîne des Alpes .
A nie Saint-Pierre (F. ci-des-sous).— A Pierre-Pertuis (R.n« 87).
Au Chasserai (4 h. 30 m. env.).Le Chasserai (en ail. Gestler), laplus haute montagne du Jura dansle c. de Berne (1,019 inèt.), s’élèveentre le val Saint-Imier et le lac de Bienne . Il forme trois gradins outerrasses parsemés de villages et desuperbes pâturages. Une route dechar conduit presque jusqu’au som-met, d’où l’on découvre un magni-fique panorama sur la Suisse occi dentale , la Forêt-Noire, les Vosges et la chaîne des Alpes .
Le lac de Bienne (en ail. Bielersee ) s’étend au pied de la chaîne duJura , dans la direction du S.-O. auN.-E., comme celui de Neuchâtel ,dont il reçoit les eaux par la Thièle .Il a 3 1. de long., 3/4 de 1. de larg.,70 mèt. de prof, et 434 met. au-dessus de la mer. 11 nourrit d’ex-cellents poissons : la truite, le hé-nerling, la boude!le, la ferat. Du-rant le moyen-âge, il s’appelait lacde Nugerol, et il est probable qu’ilportait encore un autre nom dutemps des Romains, auxquels onattribue des restes de pilotis qu’onvoit à 1 ou 2 met. de prof, prés deNidau . Outre de nombreux villages,5 petites villes, Bienne et Nidau auN.-E., Cerlier , Landeron et Neuve-ville au S., sont bâties sur ses bords,beaucoup trop admirés et vantés parRousseau et d’outres voyageurs. Danstous ses ports, on trouvera des ba-teaux pour aller visiter Vile Saint-Pierre, petite colline de grès situéeau milieu de / la partie méridionaledu lac, et qui a environ 2,000 pasde long., 800 de larg. et 40 mèt. au-dessus du niveau de l’eau à son pointle plus élevé. Cette Ile , devenue cé-
lèbre par le séjour qu’y fit J. -J.Rousseau en 1765, eut pour habi-tants, jusqu’en 1485, une commu-nauté de religieux dont le pape In-nocent supprima le couvent à cetteépoque, en en abandonnant les do-maines aux chanoines de Berne . Lechapitre de ces derniers ayant étésécularisé lors de la réformation,elle devint alors la propriété deBerne , qui y établit un intendantet une auberge. Du côté du midi,elle offre une pente douce couvertede champs, de prairies et de pâtu-rages; a l’orient, ses rives escarpéessont plantées de vignes, au-dessusdesquelles s’élèvent d’abord un ver-ger, puis un magnifique bois de chê-nes. « Du côté du N., de l’O. et duN.-O., dit Ebel, le Jura descend,pour ainsi dire, jusque dans les eausdu lac : de sorte que ses bords pré-sentent, partout où l’oeil peut at-teindre , l’aspect d’un énorme rem-part , au pied duquel on distingueBienne , les villages de Vingelz,Twann , Ligerz , un grand nombrede maisons de campagne situées aumilieu des vignes; Convalet, laNeuvevilie , le château du Schloss-berg, Landeron et le château deSaint-Jean, qu’on voit a l’embou-chure de la Thièle. La partie duJura qui se trouve en face de filese nomme la montagne de Bieist( Tessenberg ). Elle renferme unevallée profonde, dont on aperçoitl’entrée, et que domine le Chasse-rai. A l’E., on remarque Nidau ; al’O., Cerlier , Erlach et son château,ainsi que la colline de Jolinionl. L»rive méridionale offre des plainesboisées, et à l’horizon la chaîne brû-lante des Alpes , qui réfléchissentsouvent les eaux du lac. » .
Après sa prétendue lapidationMotiers-Travers (F. p. 272), J'hRousseau se retira à l’ilc Saint-Pierre. 11 nous en a laissé lacription suivante dans la umqu 1 ®promenade des Bèveries d’un l f°'meneur solitaire : « De toutes t ehabitations où j’ai demeuré (et Jai eu de charmantes), aucune ,m’a rendu si véritablement heureet ne m’a laissé de si tendres régi