lt. N° 75. GOI.DAU. ÉBOULEMENT 1)U UOSSBEltG.
bals (l’avaiit-poslesriaiislps environs.On évalue à 450,000 fr. la perle qu’é-prouvcrcnl les habitants d’Art, parsuile de la guerre depuis 1798 a1801.
D'Art à Z»te. (II. n. DS.)
loin. Oberarl.
30 ni. Goldau . En approchant dela chapelle et de l’auberge con-struites sur remplacement occupéjadis par le village de ce nom, onaperçoit bientôt des traces de l’hor-rible éboulenicnt qui eut lieu le 2septembre 1806. « l.e grand nombrede débris de brèche que l’on voyait,dit Ebel, depuis Oberart et lîusin-gen, soit épars, soit accumulés encollines, prouve assez a l’observa-teur que ce n’est pas la première foisqu'il est tombé dans cette vallée descouches plus ou moins considérablesde la brèche donl le Rigi et le Ross-bergsont composés. Il existait, avantl’année 1354, un village nommé Un-rothen , dont il n'a plus été fait men-tion depuis cette époque; il est très-probable qu’il a été détruit dès lorspar nue chute de la Nollfluh. Plu-sieurs rochers, d’une grandeur moinsconsidérable, sc détachèrent de lamontagne en 1712 et 1795 au-dessusd’Art, sans parler de divers autres('lioulements et chutes de terres quif s p sont succédé depuis l’an 1750.toutefois la dernière et. la plus terriblede toutes ces catastrophes, c’est cellequi eut lieu eu 1806, le 2 septembreit 5 heures du soir.
Mais avant d’emprunter le récitde cet affreux, accident a l'inté-ressante brochure publiée quel-ques jours après par le docteur’ay, d’Art, témoin oculaire, ilest necessaire de donner quelquescourtes explications sur les causesqui le rendirent inévitable; car ceue fut pas une chute de montagneou de rochers dans le sens propre deoç mol, niais plutôt, pour nous scr-ïlr des expressions d’Ebel , une la-ruiif/c de terre et de pierres.
Ou nomme. Kossbcrg ou ltullibergre chaînon des Alpes situé en faceuu Rigi , et qui sépare le canton deocbvvyiz des lacs de Zug ctd’Kgeri.
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Ses principales sommités sont leWildspitz, le Gnypenspilz, le Kai-serstock vers le lac d’Kgcri et leWalchxvylcrherg dans le canton deZug . Or, la partie supérieure decette montagne est formée d’un pou-dingue composé de diverses rochescimentées ensemble, et appelé parles Allemands Nagelfluh, ou tètede. clou , à cause des aspérités énor-mes que présente sa surfare. Cetteespèce de terrain se fend très-aisé-ment , et si les eaux tombées duciel ou provenant des sources voi-sines pénètrent dans quelques-unesde ces crevasses , elles ne manquentpas de dissoudre les lits d’argile quiséparent la Nagelfluh des couchesde terrain inférieures, et en déta-chent ainsi d’énormes blocs de lamasse principale. Maintenant, lais-sons parler le docteur Zay :
« L’été de 1806 avait été très-plu-vieux, et le 1 er et le 2 septembre, lapluie ne cessa pas un seul instant.On remarqua de nouvelles crevassessur le flanc du Rossberg, dans l’in-térieur duipie) un craqueinentsourdse fit entendre. Des pierres lurentséparées violemment de la terre quiles entourait; des fragments de ro-chers détaches glissèrent le long dela montagne. A 2 heures de l’après-midi, le 2 septembre, un énormerocher tomba dans la vallée, et entombant, souleva un nuage de pous-sière noire Vers la partie inférieurede la montagne , le terrain semblaitpressé par la couche supérieure , etlorsqu’on y enfonçait un pieu ouune bêche, ces objets se mouvaientd’oux-mêmes. Un homme qui creu-sait un trou dans son jardin , prit lafuite, effrayé par ces phénomènesextraordinaires. Bientôt on remar-qua une crevasse plus large quetoutes les autres, elle s’agrandissaitinsensiblement. Toutes les sourcescessèrent de couler au même mo-ment, les oiseaux s’envolèrent deIons côtés en poussant des cris.Quelques minutes avant 5 heures,les symptômes d’une grande catas-trophe devinrent de plus en plusfrappants ; toute la surface de lamontagne sembla glisser dans la33