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Itinéraire descriptif et historique de la Suisse ... / par Adolphe Joanne
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H. S" 73. IIISTOIRK l>K SCHWVÏZ.

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« Personne , excepté l'empereur,ne prétendait avoir un droit de sou-veraineté sur ces montagnes , et lepeuple aimait à se trouver sous laprotection dun aussi puissant mo-narque. Quand des divisions écla-taient dans son sein, il choisissaitordinairement pour arbitre un sei-gneur de l'empire, de préférence lundes comtes de la maison de Lenz-burg.

«Or, un jour labbé dEinsiedeln ,dont le couvent avait reçu en dona-tion tonies les terres incultes desmontagnes environnantes, envoyases troupeaux sur les pâturages quiappartenaient de temps immémorialaux bergers de Schxvytz. Une que-relle sengagea entre les deux par-ties contestantes. Lempereur, con-sulté, donna gain de cause a labbé.Surpris dune pareille sentence, lesbergers de Schxvytz sécrièrent :« Puisque la protection de lempe-reur et de lempire nous est inutile,sachons nous en passer. » Leursfrères dUri et dUntcrxvalden les ap-prouvèrent, se joignirent à eux etcessèrent dobéir à lempereur. Cemonarque en fut irrité. Il les mit auban de lempire et les lit excommu-nier par l'évêque de Constance. 1144.

«Ce traité dalliance, premièrebase de laConfédérationhelvétique,fut renouvelé en 120(1. Durant l'in-tervalle qui sécoula entre ces deuxépoques, lesSclnvylzois, renonçant àtoute protection étrangère, demeu-rèrent abandonnés â eux-mêmes ;seulement en 1155 ils fournirent sixcents hommes de guéri e a Frédéric Barberousse pour lune de ses expé-ditions en Italie , en reconnaissancedes bons services que ce prince leuravait rendus dans leur contestationtoujours pendante avec le couventdEinsiedeln . En 1210, OthonlV con-féra la dignité de bailli impérial desAValdstætteri nu comte Rodolphe deIlabsbnrg, aïeul de lempereur de cenom,quils venaient de choisir pourprotecteur; mais ils refusèrent de lereconnaître, et nacceptèrentle patro-nage de lempire que lorsque Fré­ déric II eut reconnu dans un diplômesolennel, en 1210 , qtids étaient

dos hommes libres qui ne devaientobéir quà lempereur , qu'eux-mêmes avaient choisi de plein grépour leur souverain.

Pendant linterrègne, Schxvytz,de concert avec Uri et Untcrxvalden,choisit, en 1257, pour général le comteRodolphe de Habsburg, qui, devenuempereur, respecia et confirma sesprivilèges; mais la face des affaireschangea beaucoup a la mort de Ro-dolphe , suivie de lavénement deson (ils au trône impérial. On sutbientôt que toutes les vues de teprince tendaient à agrandir ses do-maines en y ajoutant des propriétésétrangères, et quil était toujoursprêt à fouler aux pieds les droitssolennellement accordés aux villeset aux campagnes. Toutes les na-tions tremblèrent devant lui. «Pré-voyant, dit Henri Zschokke, desjours de malheur et des circonstan-ces périlleuses, les peuples dUri,de Schxvytz et de lUnterwahlen sas-semblèrent de nouveau (1291), etsengagèrent par serment a défendremutuellement, envers et contretous, leurs personnes, leurs familles,leurs biens, et à saider les uns lesautres par les conseils et par les ar-mes, Cette alliance leur lit donnerle nom de confédérés ( Eidgenossen,alliés par serment). On connaît lesévénements qui suivirent, et donton trouvera dailleurs le récit dé-taillé aux divers articles concernantles principaux pays dans lesquels ilsse passèrent. Après la grande in-surrection populaire du 1 er janvier1308, la mort de Gessler, lassassi-nat de lempereur Albert, le ducLéopold vint se faire battre à Mor-garten ( V. ce mot, R, n° 109) paï1,300 confédérés ; et les vainqueursrenouvelèrent à Brunnen le parle deleur union. « Nous jurons, dirent-ils, pour nous et nos descendants aperpétuité, que chacun de nous se-courra nos alliés contre loppressionen nous armant a nos frais, au perdde notre vie et de nos biens, s oltdans notre pays, soit à létranger.»Comme les Sehxvytzois avaient prin-cipalement contribué au succès decette mémorable bataille , les con-