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« Personne , excepté l'empereur,ne prétendait avoir un droit de sou-veraineté sur ces montagnes , et lepeuple aimait à se trouver sous laprotection d’un aussi puissant mo-narque. Quand des divisions écla-taient dans son sein, il choisissaitordinairement pour arbitre un sei-gneur de l'empire, de préférence l’undes comtes de la maison de Lenz-burg.
«Or, un jour l’abbé d’Einsiedeln ,dont le couvent avait reçu en dona-tion tonies les terres incultes desmontagnes environnantes, envoyases troupeaux sur les pâturages quiappartenaient de temps immémorialaux bergers de Schxvytz. Une que-relle s’engagea entre les deux par-ties contestantes. L’empereur, con-sulté, donna gain de cause a l’abbé.Surpris d’une pareille sentence, lesbergers de Schxvytz s’écrièrent :« Puisque la protection de l’empe-reur et de l’empire nous est inutile,sachons nous en passer. » Leursfrères d’Uri et d’Untcrxvalden les ap-prouvèrent, se joignirent à eux etcessèrent d’obéir à l’empereur. Cemonarque en fut irrité. Il les mit auban de l’empire et les lit excommu-nier par l'évêque de Constance. 1144.
«Ce traité d’alliance, premièrebase de laConfédérationhelvétique,fut renouvelé en 120(1. Durant l'in-tervalle qui s’écoula entre ces deuxépoques, lesSclnvylzois, renonçant àtoute protection étrangère, demeu-rèrent abandonnés â eux-mêmes ;seulement en 1155 ils fournirent sixcents hommes de guéri e a Frédéric Barberousse pour l’une de ses expé-ditions en Italie , en reconnaissancedes bons services que ce prince leuravait rendus dans leur contestationtoujours pendante avec le couventd’Einsiedeln . En 1210, OthonlV con-féra la dignité de bailli impérial desAValdstætteri nu comte Rodolphe deIlabsbnrg, aïeul de l’empereur de cenom,qu’ils venaient de choisir pourprotecteur; mais ils refusèrent de lereconnaître, et n’acceptèrentle patro-nage de l’empire que lorsque Fré déric II eut reconnu dans un diplômesolennel, en 1210 , qti’ds étaient
dos hommes libres qui ne devaientobéir qu’à l’empereur , qu'eux-mêmes avaient choisi de plein grépour leur souverain.
Pendant l’interrègne, Schxvytz,de concert avec Uri et Untcrxvalden,choisit, en 1257, pour général le comteRodolphe de Habsburg, qui, devenuempereur, respecia et confirma sesprivilèges; mais la face des affaireschangea beaucoup a la mort de Ro-dolphe , suivie de l’avénement deson (ils au trône impérial. On sutbientôt que toutes les vues de teprince tendaient à agrandir ses do-maines en y ajoutant des propriétésétrangères, et qu’il était toujoursprêt à fouler aux pieds les droitssolennellement accordés aux villeset aux campagnes. Toutes les na-tions tremblèrent devant lui. «Pré-voyant, dit Henri Zschokke, desjours de malheur et des circonstan-ces périlleuses, les peuples d’Uri,de Schxvytz et de l’Unterwahlen s’as-semblèrent de nouveau (1291), ets’engagèrent par serment a défendremutuellement, envers et contretous, leurs personnes, leurs familles,leurs biens, et à s’aider les uns lesautres par les conseils et par les ar-mes, Cette alliance leur lit donnerle nom de confédérés ( Eidgenossen,alliés par serment). On connaît lesévénements qui suivirent, et donton trouvera d’ailleurs le récit dé-taillé aux divers articles concernantles principaux pays dans lesquels ilsse passèrent. Après la grande in-surrection populaire du 1 er janvier1308, la mort de Gessler, l’assassi-nat de l’empereur Albert, le ducLéopold vint se faire battre à Mor-garten ( V. ce mot, R, n° 109) paï1,300 confédérés ; et les vainqueursrenouvelèrent à Brunnen le parle deleur union. « Nous jurons, dirent-ils, pour nous et nos descendants aperpétuité, que chacun de nous se-courra nos alliés contre l’oppressionen nous armant a nos frais, au perdde notre vie et de nos biens, s oltdans notre pays, soit à l’étranger.»Comme les Sehxvytzois avaient prin-cipalement contribué au succès decette mémorable bataille , les con-