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Itinéraire descriptif et historique de la Suisse ... / par Adolphe Joanne
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H. S° 70. GIOKNICO.

tous les quatre ans ils virent des-cendre des sommets du St-Golhardleur nouveau maître et son cortège.Peut-être, ajoute la femme distin-guée que nous avons citée plus haut,cet aspect leur faisait-il éprouver ceque sent un oiseau timide et sansdéfense lorsqu’il aperçoit un vautourarmé de serres cruelles se préparanta fondre sur lui. »

De Faido à Santa-Maria par Osco et le Lukma-nier. (R. n. 118.)

De Faido par Dalpe et Prato dans le val Mag-gia. (R. n. 80.)

Chigijiogna, v. par. où l’on voitune vieille tour, et dont l’églisepasse pour la plus ancienne dupays.

Lavorco, v. près duquel se voientles ruines immenses de la montagneCalonico et une cascade formée parla Gribiasca, qui se précipite dansle Tessin avec la rapidité de l’éclair.— Au sortir de ce village on entredans la gorge sauvagedê la Uinschi-na, si épouvantablement boulever-sée par l’inondation de 1834; etbientôt après on arrive à

2 h. Giornico (en ail. Irnis) —(aub. : Corona, chez Giudici), chef-lieu du cercle de ce nom, v. situé surla rive g. du Tessin , à 375 met., etrenfermant quelques antiquités cu-rieuses, une haute et vieille tour,l’église de Santa-Maria di Oastello,bâtie, assure-t-on, sur les ruinesd’un fort attribué aux Gaulois , etl’église de Saint-Nicholas di Mira,qu’on croit avoir été un templepaïen.— Dans les environs, bellescascades de la Ilarolgia et de la Cre-tnosina. — Jusqu’à la (in du siècledernier, les habitants de Giornico avaient conservé les glorieux tro-phées de la victoire remportée parleurs ancêtres le : 8 décembre 1478;mais les Autrichiens les leur ont en-levés en 171)9.

« Dans les vallées et dans les mon-tagnes, dans les campagnes et dansles villes de la Suisse . tout le peupleétait, au xv“ siècle, rempli d’une ar-rogance soldatesque. Depuis que leduc de bourgogne avait perdu sestrésors dans une bataille, son arméedans la deuxième, sa vie dans la troi-

sième , la Suisse ne craignait pluspersonne ; de là des guerres sans Bu.

« Un jour , des sujets du duc deMilan coupèrent du bois dans uneforêt du val Livino. Sur-le-champdes jeunes gens d’Uri, guidés parlavengeance, passèrent le Saint-Go-lliard , pillèrent et maltraitèrent leshabitants des premiers villages duMilanais. Au lieu de punir ces jeu-nes gens, le canton d'Uri les pritsous sa protection, déclara la guerreaux Milanais, et appela les confédé-rés à son secours. Ceux-ci virentbien le tort du canton d’Uri; ilsvoulurent tenter un accommode-ment, mais en même temps ne pasabandonner leurs amis. Us leur en-voyèrent donc des troupes pour lessoutenir en cas de besoin. Voyantcela, le duc de Milan envoya lecomte Borclli avec des forces consi-dérables le long du Tessin . L’avant-garde des Suisses , composée de 600hommes d’Uri, de Lucerne , deSchwvtz et de Zurich , se trouvaitprès du village de Giornico ; les au-tres confédérés, au nombre d’envi-ron 10,000, étaient restés bien enarrière. Borelli voulut marcher surGiornico avec l’élite de ses troupes.On était au milieu de l’hiver (28 dé-cembre 1478). Les Suisses firentcouler les eaux du Tessin sur lesprairies , qui se couvrirent aussitôtd’une surface de glace, puis ils atta-chèrent à leurs souliers des cram-pons. Tandis que les Milanais mon-taient d’un pas mal assuré la penteglacée de la colline, les Suissesseprécipitèrent sur eux d’un pas ferme.Leur petit nombre vainquit sanspeine la multitude des ennemis chan-celants. Frischhans Theilig , elieldes Lucernois , se jela avec sa re-doutable épée au milieu des Mila-nais , semblable à l’ange de la mort.Ceux-ci s’enfuirent pleins de loi"reur ; 15,000 hommes devant owLLeur sang teignit la plaine jusqu JBellinzona ; il en périt au delà de1.500. Celle action, presque in-croyable, rendit le nom des Suisses célèbre dans toute l’Italie . Mua"acheta la paix, paya les dédornm»-gements , cl reconnu) que hiv®".