DE LA NATURE VÉGÉTALE. 225
quelque sacrifice pour se procurer unmet aussi délicat : celte fécule se vendaujourd’hui comme le sagou des Indes.
Mais proposer sérieusement de râperla pomme de terre pour en faire du pain,c’est mal connoitre cette précieuse ra-cine : c’est tout comme si l’on proposoitde râper les pommes et les poires, afind’en avoir la poudre pour en faire descompottes ou des tartres; on sent quenon seulement la réduction de la pulpeseroit forte, mais que le suc gastrique,qui constitue l’essence et la saveur de lachair, seroit perdu.
La nature n’a nullement besoin du se-cours de la science pour se faire com-prendre : on reconnoxt les productionsqu’elle nous destine au mérite d’être im-médiatement un aliment pour l’homme.La pomme de terre est, sortant deschamps, le meilleur des pains tout pétri :elle n’a besoin que de passer au feu, pour