I
4 ()6 RÉGÉNÉRATION
seraents, et 3o millions de fonds qu’ilsavoient exigés (i)!
(i) Ayant écrit, avant 1800, sur les végétaux àsucre, circonstance que maintenant je suis forcéde regarder comme un malheur, je fus pressé, eu-
f
traîné en 1811, par l’administration, à concourirà un but aussi national. Le besoin si doux et si na-turel de se rendre utile à la chose publique, queje servois déjà depuis trente ans avec zèle, fut l’uni-que sentiment qui m’entraîna aux premiers sacri-fices; mais une fois engagé dans cette lutte difficileet dispendieuse , je m’aperçus qu’on ne pouvoitplus reculer sans se perdre, et qu'il falloit ou vain-cre ou succomber. Toute ma fortune fut donc con-sacrée avec une patriotique confiance, à rempliravec dévouement la tâche que j’avois acceptée;mais les grands événements politiques dont je viensde parler occasionèrent ma ruine entière.
La perte totale de ina fortune devint la caused’une autre perte plus accablante encore : celle demon fils unique.... Le seul bien qui me restoit surla terre! Il succomba à la profonde douleur de voirson père dans l’accablement et l’abandon, pouravoir cherché à servir son pays.....