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Tome second.
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IIO

Voyage

regardé comme sacré dans les Etats libres ! Mal-heur à la Suisse, si quelqu’un des co-Etats chercheson importance &: sa grandeur dans des con-nexions étrangères : c’est le fléau le plus terrible,le plus redoutable qui puisse la menacer 1

Le lac de Neuchâtel offre un superbe baíïïnde neuf lieues de long, en ligne droite, fur deuxdans fa plus grande largeur. On le nomme quel-quefois lac d’Yverdon, de la ville de ce nom,située à son extrémité méridionale. II est très-,poiíïonneux, fur tout en truites, en brochets,en perches, &s en raies. On y pêche des truitesde dix-huit à vingt livres, &■ des brochets depareille grandeur.

Ce lac n'est pas fort profond. 11 se gèle biendifficilement, puisqu’il ne se gela point dansl’hiver de 1709. Sa surface est de vingt-íìx toises& demie plus élevée que celle d u lac de Genève.Vers le midi, il reçoit les eaux de l’Orbe ; versl’autre extrémité, &: fur fa côte orientale, ilreçoit celles de la Broie, &: verse au lac de Biennepar la Thiele, qu’on cite en Suisse comme unphénomène, parce qu’elle coule avec la tran-quillité de nos rivières.

II y a toute apparence que le lac de Neu-châtel couvrit les plaines basses qui font au-delàd’Yverdon, qu’il s’étendit jufqu’à Entrero-