Voyage
dans fa culture par l’infouciance Sc une habi-tude inconsidérée.
Y a-t-on bien réfléchi ? y réfléchit-on bien >& pouvons-nous nous le pardonner : un sacri-fice de huit ans pour apprendre.... Quoi ? Cedont on ne doit faire aucun usage le reste desa vie. Pour apprendre.... Qu’ai-je dit ? Le sais-on cet idiome des Latins, qui a flétri nos frontspendant les années les plus précieuses ? Mettezentre les mains de ceux qui ont étudié, mettez-leur entre les mains Cicéron, Virgile, Horace,Suétone, Tacite, Juvénal : vous verrez s’ils leslisent ; vous verrez s’ils les entendent! Que leurreste-t-il donc de l’amertume de tant d’années.
N’est-ce pas le comble de la déraison , de passerune partie de sa vie dans les angoisses, pourchercher à entendre les Auteurs Latins, qu’onn’entend point ensuite ; tandis que nous avonsentre les mains ces mêmes Auteurs, traduits ennotre Langue, & bien mieux, &r plus fidèle-ment , & moins laborieusement pour nous, quesi nous cherchions à le faire nous-mêmes. E-n-tend-on mieux Cicéron que l’Abbé d’Olivet ?croit-on mieux entendre Tacite que M. de laBletteriel se rendra-t-on les Géorgiques de \ ir-gile avec les grâces &: le coloris enchanteur deM. l’Abbé de llfle ? N’est-ce pas le comble dela déraison de pâlir, pendant une longue lui te