en Suisse.
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faire que quinze ou seize pas fans reprendrehaleine. M. de Saussure éprouvoit même de tempsen temps un commencement de défaillance qui leforçoit à s’aiïèoir; mais la respiration rétablie,ses forces se rétablifloient auffi-tôt; Sc tous lesguides, proportion gardée de leurs forces, éprou-voient le même état. Le troisième jour démarché,& le 3 Août, à onze heures, on parvint à laCime de cette montagne fameuse.
Une légere vapeur suspendue dans les régionsinférieures de l’air , déroboit à la vérité la vuedes objets les plus bas Sc les plus éloignés, tellesque les plaines de la France , celles de la Lom-bardie, Sc ce fut une perte ; mais ce qu’on vitavec la plus grande clarté, c’est l’ensemble detoutes les hautes cimes des Alpes, Sc M. deSaussure en croyoit à peine ses yeux, il lui sem-bloit que c’étoit un rêve lorsqu'il voyoit au-dessous de lui ces cîmes majestueuses, ces redou-tables aiguilles, k Midi , l’Argeniiere , k Géantsk Schreckhorn , qui portent leur sommet jusquesau sein des nues.
Le baromètre n’étoit là qu’à seize pouces uneligne, dès-lors l’air n’y avoir plus gueres que lamoitié de fa densité ordinaire. Au lieu d’y respi-rer, on n’y faisoit qu’haleter, Sc op y étoit commedans un état de fievre, à raison encore de eeque l’habitude du corps étoit déchargée en
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