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gance des Magistrats , acheverent d’aigrir lesesprits. La défiance &■ la haine se manifestèrents’accrurent, Lc se fortifièrent par 1 appui quedonnerent aux Magistrats des voisins jaloux.Quelques impôts établis fans avoir été consentispar le Peuple , poussèrent la fermentation à soncomble. Un coup d’autorité l’étouffa pour unmoment, mais elle se reproduisit bien vîte. LesCitoyens {^rapprochèrent, se concerterent'; &usant de la souveraineté &: de la plénitude dupouvoir qui résidoit indestructiblement en eux,ils forcerent les Conseils à signer l’exil ou la dé-gradation de six d’entre les Magistrats qu’on re-doutoit le plus, ôc qui étoientl’objet de la hainegénérale.
II ne suivit, de cet acte imposant, qu'un calmeviolent, {-.'humiliation d’avoir cédé, &c d'avoircondamné, dans ces Magistrats, leurs propresprincipes, avoit fait, dans les cœurs des Aris-tocrates , une blessure profonde, qui fit naîtrele désir de la vengeance , désir qui s’accroissoitde la contrainte même où il étoit réduit. Ceshommes embrassèrent l’espoir de recouvrer ledegré d’autorité dont ils étoient déchus : ils at-tendoient des circonstances qui se prêtastènt àleurs vues. Le Peuple connut bien vîte les dispo-sitions de ses Chefs , & veilla à conserver sesavantages ; mais lorfqu’il vit les menées, les
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