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Tome II.
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CHAPITRE XXIV.

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puisque nous voyons le héros de son siècle,Matthias Corvin , roi de Hongrie , mettre sesétats sous sa sauve-garde pendant la guerrelointaine quil allait entreprendre contre lesennemis de la chrétienté.

LItalie était, dans ce siècle, le siège des artset des sciences ; les richesses de lInde et dumonde sy concentraient par la voie du com-merce; lEurope entière la regardait dun œildenvie ainsi que dadmiration. Cependant lesItaliens , imitateurs des Grecs modernes, semontraient subtils plutôt que grands ; ils scsoutenaient par lintrigue et la politique, quileur rendaient souvent dans le cabinet ce quilsavaient perdu sur le champ de bataille. Lesgrands, les princes, lEglise, son chef lui-mème, donnaient lexemple des plus scanda-leux excès. Telle était la nation avec laquelleles Suisses devaient bientôt souvrir des com-munications nouvelles et lier leurs intérêts,malgré les obstacles naturels qui existaient entreles deux pays. Cette Italie allait être le théâtrede leur valeur. Ce fut le pape Sixte iv qui, lepremier , les y appela comme auxiliaires, leurenvoyant un étendard bénit, saint Pierreétait représenté en robe pontificale, et lesexhortant à prendre la défense du saint siège,par une bulle qui leur ouvrait à cette condi-tion les portes du ciel. Les Suisses cependant