a/j8 ESSAI IUSTOBIQÜE,
reçurent ces dons avec froideur, et l’offre d’unsubside annuel de 4 ° mille ducats ne leur pa-rut pas même suffisante; mais le légat du papeétant parvenu à compromettre le canton d'Uriavec les Milanais, les premières hostilités en-traînèrent bientôt une guerre générale. Le ducde Milan , voulant faire une diversion chez lesSuisses , fit marcher un corps de seize à dix-huitmille hommes, qui entreprit de forcer le pas-sage de Giornico , gardé par six cents hommesd'Uri, dont la résistance opiniâtre força les Mi-lanais à rétrograder , après avoir perdu qua-torze cents hommes. Attaqués à leur tour parcette poignée d’hommes, ils se virent obligésd'abandonner artillerie et bagage. Cette action,qui ne le cède en éclat à aucune de celles destemps héroïques de la Suisse , détermina le ducde Milan à faire la paix, pour laquelle il futobligé de payer 24 mille florins.
Le roi de France , Charles vu, méditait laconquête du royaume de Naples , et même cellede l’empire grec; il obtint des Suisses un corpsde six mille hommes, qui passèrent les Alpes (A. d. 1 4 g 4 ) avec lui, et formèrent l’élitede son infanterie. Mal pourvu d’argent et sansmagasins, il traversa et surprit l’Italie , faisantson entrée à Florence , à Rome et à Naples ,comme un monarque qui visite ses provinces.Cependant une ligue formidable se formait