Band 
Tome II.
Seite
310
JPEG-Download
 

3lO ESSAI HISTORIQUE,

portés, il trouva bon de leur prêter un senscriminel ; et quelques gens de sa maison ayantété empoisonnés, Pécolat en fut accusé, et lejuge Grossy commença une procédure juridi-que contre lui. Quelques amis de Pécolat ima-ginèrent den manifester leur déplaisir dunemanière qui pouvait paraître dans ce temps-fort spirituelle et point inhumaine; ce fut decouper les jarrets de la mule du juge, et denfaire crier la peau par la ville, sous le nom degrosse bête. Le juge Grossy, outré de lattentatet du calembour, courut se plaindre à mon-seigneur de ce quon osait traiter de la sorte unhomme comme lui. Les coupables, au nombredesquels était le célèbre Berthelier, se cachè-rent; mais ayant été sommés de comparaître,sous peine de 100 florins damende, ils remon-trèrent, par procureur, que les règlemens nepermettaient pas dimposer plus de soixantesous, à moins quun crime neùt été commis.On ne les accusait probablement que du ca-lembour, puisquil leur fut permis de venirplaider, pede non legato, et quils en furentquittes pour une réprimande, excepté Berthe-lier, contre qui lautorité se réserva dagir dansloccasion, parce quil lui était déjà suspect.En effet, dans un mouvement dindignation gé-néreuse, occasionné par quelque acte dinjus-tice, il avait déchiré publiquement la patente