386 ESSAI niSTORIQUE ,
A quoi sert-il, disaient les représentais, quele conseil-général ait le pouvoir d’agréer ou re-jeter les lois proposéeslesquelles ne pourrontêtre changées que de son consentement? Si lemagnifique conseil, résistant à des représen-tations bien fondées sur une loi dont l’inter-prétation est disputée par la grande majoritédu peuple, refuse de consulter le conseil-géné-ral , les lois seront alors tout ce qu’il plaira aumagnifique conseil.
Aux Lettres de la campagne, Rousseau répon-dait, de sa retraite à Motiers-Travers, par lesLettres de la montagne, et l’orage qu’il avaitexcité aurait pu le satisfaire ; cependant, commeles répliques et dupliques changeaient peu àpeu sa querelle personnelle en une questiongénérale, Jean-Jacques se voyant sur le pointd’être oublié, tournait sa colère contre repré-sentons et négatifs à la fois , coupables, les unscomme les autres, de s’occuper d’autre choseque de lui. Le grand incendie qui devait rava-ger l’Europe trente ans plus tard, jetait ainsi sespremières étincelles à Genève et en Amérique presque en même temps. Un verre d’eau eûtsuffi pour l’éteindre à cette époque dans les deuxmondes! Le gouvernement de Genève , retran-ché sur la négative contre toutes les représenta-tions qui lui étaient faites, se bornait à affir-mer qu’il n’y avait aucun doute sur le sens des