4 l4 ESSAI HISTORIQUE,
de Genève paraissait déterminé à soutenir Urisiège ; il travaillait jour et nuit aux fortifica-tions , très mauvaises du côté de la France ,dépavait les rues , et les barricadait.
Les oisifs de l’Europe dont l’Amérique avaitcessé d’alimenter la curiosité , tournèrent touteleur attention vers cette nouvelle et extraor-dinaire croisade , qui présentait une si grandedisproportion de forces, et l’appelèrent la guerredes nains ( du nom d’Hennin ). Le grand-duc deRussie , Paul, qui voyageait alors incognito, ditque c’était une tempête dans un verre d'eau. Lesamis du pouvoir se réjouissaient de ce qu’onallait enfin faire un exémple de cette poignéede rebelles, dont la désobéissance prolongéene pouvait être tolérée plus long-temps. Il yavait cependant dans le public , et jusque dansle camp des assiégeans , des opinions fort dif-férentes . que l'armée française avait tout ré-cemment rapportées de ses campagnes d’Amé rique . Les amis du peuple, déjà très nombreuxen France , voyaient avec chagrin cette-liguecontre la liberté civile, et un officier-généralfrançais refusa le commandement de l’expédi-tion de Genève .
Les Français avaient placé leur principalebatterie aux Délices, l’ancienne demeure deVoltaire , précisément dans l’endroit d’où , con-templant Genève , il l’avait ainsi caractérisée :