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Tome II.
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51 6 ESSAI HISTORIQUE,

canton navait que ses propres milices à op-poser à quarante-cinq mille hommes de troupesréglées, pourvues de cavalerie. Malgré ses avan-tages, le ministre français ne se relâchait pointdans ses mesures de désorganisation. Le cantonde Bâle, qui lui était soumis , fit loffre de samédiation, sur laquelle les partis , à Berne , nemanquèrent pas de se diviser, et les mesuresde défense en furent retardées. La majoritédu conseil vota labdication du gouvernement,comme mesure préliminaire de la nouvelleconstitution quon allait se donner. Cette ré-solution fut signifiée à Brune; mais il avaitun tout autre objet en vue, et il demanda lelicenciement de larmée et la reddition de laville à discrétion.

Berne , déchirée par les factions , était sansgouvernement. Le général en chef dErlach recevait dun jour à lautre , et quelquefoisd heure en heure, des ordres contradictoires,qui se succédaient si rapidement, quil neûtpas toujours été facile de distinguer la dernièredate. Une main inconnue distribuait, dit-on ,parmi ses soldats, des bulletins dans lesquelsou répandait les plus odieux soupçons sur leursofficiers, vendus à lennemi; et l'irrégularitédes opérations, les changemens continuels etsurtout les délais que lon mettait à marcher àlennemi justifiaient à leurs yeux ces accusations