CHAPITRE XXXVIII. 5 1 7
ténébreuses. Un assez grand nombre de soldatsapprenant la destruction des villages et desfermes , et craignant pour la sûreté de leursfamilles et de leurs propriétés , quittaient se-crètement les drapeaux. D’Erlach , accompagnéde quatre-vingts de ses officiers , la plupartmembres du conseil , s’y présenta le a5 février,pour fixer les irrésolutions de cette assemblée:l’ordre fut donné par acclamation de marcherà l’ennemi au moment où l’armistice expirerait.Brune cependant , informé de tout ce quise passait, envoya un parlementaire pour no-tifier la réception de nouveaux pouvoirs quile mettaient à meme de négocier , et l’opposi-tion en majorité par l’absence des membresmilitaires, fit passer un nouveau contre-ordrepour empêcher d’Erlach d’agir offensivement.
Brune et Schauenburg ayant fait leur jonc-tion , pensèrent qu’ils n’avaient plus de ména-gemens à garder: dans la nuit du I er mars,avant même l’expiration de l’armistice , ilsattaquèrent un avant-poste, entre Buren etSoleure ; sept cent cinquante miliciens, surprispar huit mille hommes de troupes réglées , nese retirèrent qu’après avoir perdu l’officier quiles commandait et quatre cents hommes. So leure et Fribourg furent attaquées en mêmetemps et emportées ; tout le pays fut dévasté.La milice bernoise, furieuse d’avoir été rendue