( 95 )
d’hommes, d’argent et d’équipages; c’est sur cesprincipes qu’on peut juger l’emploi des grandeset des petites armées et ce qui revient de justeséloges aux généraux qui les ont commandées etorganisées. 1
La guerre que Turenne conseilloit à Condé,la manière de la faire, qu’il lui indiquoit, sontcelles qui déploient l’intelligence et l’activitéindividuelle; c’est là, que l’homme est tout ouque du moins les machines sont peu de chose,quand le soldat a acquis par l’expérience toutesa valeur morale et physique. C’est ce parti queTurenne savoit en tirer mieux qu’aucun géné-ral, c’est ce prix qu’il y attachoit. Cette idée do-mine évidemment dans les avis qu’on vient d’en-tendre; tout s’y rapporte à ce système; et c’estce système qui fait les capitaines véritablementgrands, et qui constitue les modèles et les maî-tres de l’art. Si l’on veut faire attention que Tu-renne n’eut point, comme Mahomet, l’influenced’un thaumaturge, qu’il n’eut point les moyensd’un souverain absolu, ni ceux que donne, dansles armées d’une république, la popularité toutepuissante d’un chef de faction, que la science,la sagesse, le calcul et la méditation ont dû êtreles seuls et les purs élémens de la gloire militairede Turenne et de son empire sur les troupes, onle regardera, sous les rapports de l’art, comme