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un modèle achevé, on le placera sans difficultéau premier rang et peut-être, tout étant mis dansla balance, seul à ce premier rang.
C’étoit, moins d’un demi-siècle après la mortde Tureune, le sentiment du maréchal de Puy-ségur qui représentait l’opinion des militaireséclairés; c’étoit celui de Voltaire, organe de l’o-pinion publique, toujours juste quand elle estcalme.
«Turenne, dit ce dernier, n’avoit pas tou-jours eu des succès heureux à la guerre; il avoitété battu à Mariendal, à Cambrai, etc.; aussidisoit-il qu’il avoit fait des fautes, et il étoit assezgrand homme pour l’avouer; fine fit jamais deconquêtes éclatantes et ne donna point de cesgrandes batailles rangées dont la décision rendune nation maîtresse de l’autre; mais, ayant tou-jours réparé ses défaites et fait beaucoup avecpeu, il passa pour le plus habile capitaine del’Europe dans un temps où l’art de la guerreétoit plus approfondi que jamais. »
Personne n’appela de ce jugement de Voltaire,quand il fut prononcé, et rien ne peut encoreraisonnablement l’infirmer aujourd’hui; la répu-blique même et l’empire, avec tous leurs triom-phes, ont passé sur la mémoire de Turenne sanspouvoir l’obscurcir aux yeux des hommes sages;et les événemens de nos dernières années mili-