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eux et la mer, qu’une langue de terre très-mince , espèce de barre formée par le balance-ment des sables entre les flots et les vents op-posés (i).
Parti de l’Espagne citérieure, Scipion avoitpassé l’Ebre avec la presque totalité de sonarmée; il avoit vingt-cinq mille hommes depied, et deux mille cinq cents chevaux com-mandés par Martius.
La flotte commandée par Lélius, seul confi-dent du projet de Scipion, suivoit le mouvementde l’armée de terre; c’étoit le moyen de retraitequ’il avoit préparé, en cas de non-réussite.
Carthagène, l’entrepôt et la place la plus im-portante des Carthaginois, n’étoit, en ce mo-ment , gardée que par cinq cents hommes;Asdrubal étoit en Portugal vers l’embouchuredu Tage; la troupe carthaginoise la plus prochede la place en étoit à plus de dix journées.
Scipion, par une marche forcée, arriva desbords de l’Èbre sous les murs de Carthagèneen sept jours; il ne s’étoit mis en route qu’auprintemps, quoiqu’on puisse faire la guerre enEspagne en tout temps : nous en avons vu lesraisons.
(i) Ces sortes de communications de la mer à l’étang s’ap-pellent , en Languedoc, grau.