( i9° )
jamais à l’emploi qu’en veut faire la main del’ouvrier.
Il y aune juste réflexion à faire, sur ces re-marques mêmes, c’est qu’avec toutes ces épinesles anciens généraux avoient un bien grand mé-rite à conduire passablement les armées. Le peuqui a été fait pour remédier aux abus, à chaquegrande époque, est une gloire immense pour lesréformateurs; tant, dans le métier de la guerre,la moindre amélioration est difficile, la moindreinnovation entourée d’obstacles! Pendant la paix,on en sent foiblement la nécessité; dans les em-barras ou les périls de la guerre, la possibilitééchappe sans cesse. Ainsi, tantôt on veut et onne peut pas, tantôt on peut et on ne veut pas;c’est le cercle vicieux où l’art tourne depuis dessiècles.
De tout ce que nous avons eu à observer dansce chapitre , on recueille cette curieuse observa-tion que, dans le cours de cette période, quiembrasse environ un demi-siècle, c’est à diredepuis la grande gloire de Turenne jusqu’à lamort de Puységur (1743), la marche des événe-mcns a étouffé le germe de trois révolutionsdans la tactique, qui, si elles avoient pu obtenirtout leur développement, auroient peut-êtreachevé l’œuvre de la restauration et de la perfec-tion de l’art si avancé par Turenne.