Band 
Tome deuxième.
Seite
191
JPEG-Download
 

( ' 9 1 )

La première, qui,en quelque sorte, les contienttoutes, auroit résulté, pour la perfection de l’art,de la perfection de ses instrumens, c’est celle quiavoit si heureusement attaqué les privilèges, lespréséances des corps , donné aux masses unevaleur uniforme et à chaque individu toute l’im-portance que la nature lui avoit départie. Cetterévolution, dont l’armée formée par Turenneat-testoit les admirables progrès, fut subitement ar-retée par le coup qui foudroya ce grand chef deguerre.

La seconde révolution, qui auroit pu changerdès-lors la face de l’art, sous le rapport de latactique, n’eut qu’un éclair. Ce fut la journée deSpire, où se manifesta la puissance de la baïon-nette et sa parfaite analogie avec le caractèrefrançais.

La troisième, analogue à la précédente, n’appa-rut également qu’un jour à Denain, elle consis-toit dans l’essai des colonnes capables de frapper,comme des marteaux, sur les longues lignes enusage chez toutes les troupes de l’Europe , et detriompher par l’ordre oblique et l’attaque par-tielle, quand le choc du front étoit devenu, parson étendue , une chimère impossible à réaliser.Pendant la paix qu’amena ce glorieux essai, larégence donna aux esprits une direction qui leséloigna des objets militaires. L’art retomba