( *98 )
de faire connoître sa manière; c’est la descrip-tion topographique du Piémont: telle que nousla donne Feuquières, elle est complète malgré sabrièveté; c’est une leçon de l’art militaire dansune de ses parties les plus essentielles, donnéepar un général qui a fait la guerre avec succèssur le terrain dont il parle. On ne sauroit trop laprendre pour modèle dans les leconnoissancesen grand, qui ne seront jamais bonnes, si l’onn’établit d’abord , en général, la constitution dupays, et si l’on ne l’a saisie avec lumière et em-brassée avec exactitude, comme elle l’est ici:c’est véritablement et littéralement un coupd’oeil d’aigle.
Toutefois, Feuquières remonte rarement auxgrands, aux vrais principes; il s’arrête, Je plussouvent, à ses propres opinions, il incidente lon-guement sur des faits et des détails particuliers.
Sa manière est celle des écrivains dogmatistes,qui partent d’une proposition comme prouvéeou comme n’ayant pas besoin de l’étre, et, d’a-près cette règle, jugent tous les faits, tandis quela philosophie, digne de ce nom, partant, aucontraire, des faits, remonte, par l’observationet la discussion des conséquences, à la connois-sance des principes et aux nœuds secrets quilient les effets aux causes.
Ces defauts de Feuquières étoient ceux de