Band 
Tome deuxième.
Seite
287
JPEG-Download
 

( 2^7 )

d’une nature très-délicate; car, s’il est bon quel’officier soit distingué du soldat, il ne faut pasque cette distinction soit trop forte et visible detrop loin.

À Yimiero, nous avions passé la nuit sur unebruyère sans feu (i); nous attaquâmes, avantque le soleil fut très-haut; les soldats avoientencore leurs capottes grises; les officiers, cou-verts de leurs capottes bleues, devinrent despoints de mire sur cette ligne blanchâtre, et tom-bèrent en nombre très-disproportionné aux sol-dats, dès les premières charges de la ligne an-glaise, qui, retranchée jusqu’aux dents, tiroitetvisoit à son aise.

Cette anecdote peut jeter quelque lumièresur un point où la réforme est encore à effec-tuer, elle peut aider à poser la question qui estcelle-ci: adopter des marques distinctives pourles officiers, telles que les troupes qui doivent lesreconnoître puissent les apercevoir sans qu’ellespuissent être aperçues par la ligne ennemie, àmoins de mêlée.

Nous terminerons l’article du maréchal de

(i) On voudra bien faire attention que plus on approchede la ligne , plus les nuits sont égales aux jours : et par consé-quent , en Portugal, les nuits du mois d’août sont beaucoupplus longues et beaucoup plu* fraîches qu'en Russie.