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Le maréchal de Broglie disoit un jour avec in-dignation et fort haut, devant un cercle nom-breux : « Ces messieurs traitent leurs régimens» comme des chevaux de poste, qu’on s’embar-» rasse peu de crever, pourvu qu’on arrive. »
Lloyd s’exprime avec beaucoup d’humeur surces habits étroits, ces petits chapeaux , ces cu-lottes bien blanches , ces souliers haut montés,cette multitude de mouvemens mutiles dansl’exercice, ces nombreuses et puériles manœu-vres dont on fatiguoit alors toutes les armées del’Europe : « On ne croiroit pas possible, dit-il,» que des hommes fussent assez^aveugles pour ne» pas sentir que les choses auxquelles ils met-» tent tant d’importance, bien loin d’influer sur» les événemens, n’orit aucun rapport avec la» guerre. C’est à de telles niaiseries qu’ils attri-» buent les glorieuses victoires du roi de Prusse.
affectation de tenue , d’immobilité, etc., enfin , le prix qu’onattachoit à toutes ces pratiques fatigantes qui contrarioientnotre caractère national , disoit des chefs de corps qui se fai-soient remarquer par cette manie : c Ils ont beau tourmenter» leurs hommes , ils auront le bonheur de ne jamais parvenir à» en. faire des Allemands. » Mot piquant dans la bouche d’ungénéral qui étoit Allemand lui-même, mais qui avoit assezd’esprit pour juger comment il falloit mener les Français , auservice desquels il étoit entré depuis la paix, et pour savoirquel est le mérite et le caractère respectif des deux peuples.