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Tome deuxième.
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La peine qu’eurent les Romains à soumettrel’Espagne, s’explique aussi par cette consi-dération , qu’ils y entrèrent d’abord, non avecun plan fait et un dessein formé de la conquérir,d’après une étude réfléchie de sa topographieet du caractère de sa population , mais seule-ment comme allant au-devant des Carthaginois,et uniquement attentifs à la position et à la mar-che de ceux-ci pour les combattre et pour lesarrêter. Les Carthaginois eux - mêmes étoiententrés en Espagne, comme amis et alliés, bienplus que comme vainqueurs et conquérans,plutôt pour y passer avec sécurité que pour yfonder une domination durable.

Habiles et sages comme l’étoientles Romains ,s’ils avoient combiné d’avance une conquêteméthodique de l’Espagne , ainsi qu’ils l’ont faitvis-à-vis de tant d’autres États, ils auroient agid’après d’autres règles, ils auroient adopté uneautre marche, et obtenu des succès plus promp-tement décisifs.

Dans la position, en quelque sorte provisoire,où les Romains restèrent long-temps en Espa-gne, la ligne de l'Èbre leur étoit encore plusessentielle, s’il est possible, qu’à nous-mêmes.

Ils n’entroient guère dans la Péninsule que parles Pyrénées-Orientales; le passage de Bayonne etcette route qui a rendu géographiquement vrai

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