( 471 )
Une au centre, un peu vers l’occident, appro-visionnée par terre (i) ;
Une le long de la Méditerranée, alimentée parune flotille qui auroit longé la côte.
Sans doute, de cette manière, il auroit falluquatre ans et trois cents mille hommes pourachever la conquête de l’Espagne; mais elle au-roit pu être solide comme tout résultat d’uneguerre bien constituée. On s’est effrayé de lalongueur de cette perspective; on y a consumésans fruit plus de six ans et plus de six cents millehommes; et nos armées, dans leurs plus brillanssuccès, n’ont produit sur le sol de l’Espagne quel’effet et la trace d’un vaisseau sur la mer, quandle flot s’ouvre devant lui et se referme derrière;
(i) Il ne seroit pas facile d’approvisionner une armée par uneflottille qui agiroit le long de l’Océan, comme on peut le faire surle rivage de la Méditerranée; sur celle-ci, les petites embar-cations peuvent raser la terre et naviguer toujours sous laprotection des forts ou des batteries de la côte ; sur l’Océan,le mouvement de flux et de reflux empêche que les naviressoient toujours à portée des habitations et des forts , principa-lement sur l Océan Atlantique où les marées sont extrême-ment fortes et alternativement couvrent et laissent à découvertune grève immense ; cette circonstance livre les flotilles le plussouvent en proie à la puissance qui est maîtresse de la mer, etdont les grands navires n’ont pas besoin , pour détruire lespetites embarcations, de s’exposer au canon de terre.