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Tome deuxième.
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nous avons passé , traversé en tout sens l’Es-pagne, ne laissant que des trophées et desmorts; et tel sera toujours le résultat définitif detoute guerre mal constituée dans le cabinet,quelque valeureusement qu’elle soit faite sur leterrain.

Il est à propos de relever une autre ignorancetrès-funeste, ou une autre négligence impardon-nable des vérités locales.

Nous étions accoutumés à voir le sort des ca-pitales exercer une influence toute-puissante surle sort des États. On avoit vu les peuples de l’Eu-rope civilisée attacher, presque tous, un grandintérêt à l’occupation et à la délivrance de leurcapitale. Cette vérité, universelle dans le restede l’Europe, n’en étoit pas une en Espagne ; l’effetde l’occupation de Madrid n’est pas tel qu’il aitjamais valu la peine de risquer un régiment pourl’occuper quelques jours plus tôt. Madrid est uneville nouvelle; l’Espagne a dix villes, autant etplus considérables en richesses, en population,que Madrid; Sarragosse pour les Aragonais, Va-lence pour les Valenciens, Séville pour les An-dalous, Barcelonne pour les Catalans, sont aumoins aussi considérables, au moins aussi capi-tales que Madrid. Enfin, c’est un fait, et un faitd’après la connoissance duquel il est utile d’agir,que la possession matérielle de Madrid influe