Band 
Tome deuxième.
Seite
473
JPEG-Download
 

( 4 7 3 )

très-peu sur le moral de la population espagnole.Quand cette occupation vous met dans une posi-tion militairement mauvaise, elle devient unefaute et un danger, sans aucune espèce de com-pensation : cette faute et ce danger ont duré pournous pendant tout le cours de cette malheureuseguerre : tantôt Madrid nous empêchoit, mal àpropos, d’avancer, pour le retenir ; tantôt il nousfaisoit avancer, non moins mal à propos, pourressaisir son insignifiante possession (i).

Sans doute il peut y avoir de la témérité à éta-blir une discussion trop spéciale, une criticpietrop régulière et trop circonstanciée sur les faitsdes anciens, sur des opérations de guerre dontles motifs appartiennent à une politique qui nousest imparfaitement connue, dont les instrumensne sont plus les mêmes, dont le théâtre est entiè-rement changé. Mais il n’en est pas de même desopérations récentes dont la politique est sous lesyeux et à la portée de tous, dont les moyensnous sont familièrement connus, dont le théâtren’a souffert aucun changement; le raisonne-ment, appliqué à des faits si présens et si posi-

(i) Il en étoit tout autrement quand Philippe Y étoit appeléà grands cris à Madrid , soit la première fois qu’il entra enEspagne, soit quand il fut connu des Espagnols, et par suitede la sympathie qui s’étoit établie entre son peuple et lui.