22 HISTOIRE
le temps de lui donner la‘perfection qu’il désiroit; mais ileut heureusement dans Henri Briggs un successeur qui entraavec ardeur dans ses vues. En effet, à peine Neper eut-ilpublié son ouvrage , que ce professeur du college de Greshaml’alla trouver à Edimbourg, pour conférer avec lui sur cettematière. Il y fit même deux voyages, et étoit sur le pointd’en faire un troisième , lorsqu’il apprit la mort de Neper.Dans un de ces voyages, Neper lui avoit fait part du projetqu’il avoit formé de changer la forme de ses logarithmes, oupour mieux dire , Briggs avoit eu concurremment avec lui lamême idée. Neper lui en avoit recommandé l’exécution avecinstance : aussi Briggs y travailla avec tant d’ardeur , que, dès1618, il publia une table des logarithmes ordinaires des 1000premiers nombres, sous le titre de Logarithmorum chili asprima ,comme un essai du travail plus étendu qu’il promettoit. Cetravail devoit consister en deux immenses tables, l’une conte-nant tous les logarithmes des nombres naturels , depuis 1 jus-qu’à 100,000 et l’autre ceux des sinu6 et tangentes pour tousles degrés et ioo es . de degrés du quart de cercle. Ce zéléet infatigable calculateur exécuta une partie de ces projets ;car il publia à Londres , en 1624., sous le titre de Arithmeticalogarithmica (in-fol.), les logarithmes des nombres naturelsdepuis 1 jusqu’à 20,000 , et depuis 90,000 jusqu’à 100,000.Ils y sont calculés jusqu’à la quatorzième décimale. Cette tableest précédée d’une savante introduction , où la théorie etl’usage de ces nombres sont amplement développés. On y trouvede profondes vues sur des moyens de les calculer, autres queceux qu’on emploie communément; on y voit la naissancede la méthode différentielle et des interpolations, ainsi queles rapports des coëfficiens des puissances de différens degréspar un canon qu’il appelle avec raison Uavx.p»çTO( à causede ses nombreux usages, et qui est au fond le triangle arith-métique un peu tronqué et présenté d’une autre manière quene l’a fait Pascal. A l’égard de la seconde table, Briggs l’âvoitassez avancée, mais la mort le prévint et l’empêcha de l’ache-ver. Ce fut Henri Gellibrand qui la termina et qui la publiasous le titre de Trigonometria Britannica (Lond. i 633 , in-fol. ).
Nous ne devons pas omettre ici un autre coopérateur zéléV , de Briggs. C’est Edward Gunther , professeur comme lui aucollège de Gresham. Tandis que Briggs travailloit avec ardeurà sa grande table de logarithmes. Gunther calculoit avec uneardeur égale, et d’après les mêmes principes, celle des loga-rithmes de sinus et tangentes; et, dès 1620, il publia, pour^ l’utilité des astronomes, ces tables de logarithmes pour tousles degrés et minutes du quart de cercle sous le titre de