DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. I. i 5la trigonométrie sphérique , savent qu’on peut proposer seizecas sur les triangles sphériques rectangles , et que de ces seizecas il y en a dix à douze, dont la solution ne se présentepas facilement, de sorte que les auteurs qui ont écrit sur cesujet, ont été obligés pour soulager la mémoire, d’en dresserune table qu’on puisse consulter au besoin. La règle de Neperréduit tous ces cas à une seule règle en deux parties, qui estfort propre par son élégance à s’imprimer profondément dansla mémoire. Aussi les trigonomètres Anglois en font-ils com-munément usage , et je ne saurois dissimuler ma surprised’en trouver à peine quelque trace dans divers traités de tri-gonométrie Françoise ou continentale , donnés depuis cetteépoque. M. Wolff en a néanmoins senti le mérite, et l’a ensei-gnée dans ses Elementa matheseos uni vcrsalis , en y faisantseulement quelques changemens dans les dénominations. Commece livre est assez connu et répandu , je me borne à y ren-voyer, en observant seulement que, depuis la première éditionde cet ouvrage , on y a fait un peu plus d’attention dansquelques trigonométries Françoises. Il y a aussi, dans la partietrigonoinétriquc de l’ouvrage de Neper , divers théorèmes nou-veaux sur les triangles sphériques, qui établissent une harmonieremarquable entre les deux trigonométries.
On a un autre monument du génie de Neper dans sa llhah-dologie ( 1 ). L’objet qu’il s’y est proposé a été de faciliter lamultiplication et ia division des grands nombres , par unmoyen différent de celui des logarithmes, ou plutôt je croisque ce sont les premières vues de Neper pour abréger ces opé-rations, et que la médiocre satisfaction qu’il en eut, ainsi quede quelques autres moyens qu’on voit dans son livre, excitases recherches idtérieures , qui aboutirent enfin à la découvertedes logarithmes. Quoi qu’il en soit, l’abréviation proposée dansla Rhabdologie pour la multiplication, consiste dans l’usagede certaines petites baguettes qui portent neuf cases carrées, divi-sées chacune par une diagonale tirée de gauche à droite etde haut en bas. Dans toutes ces cases sont successivementécrits les neufs multiples du premier nombre que chaque baguetteporte en tête, le chiffre des dixaines étant dans la case trian-gulaire d’en bas. Cette préparation faite, il n’y a c^u’à rangerces baguettes les unes à côté des autres, de maniéré qu’elles
f îortent en tête le nombre à multiplier, et l’on trouve, danses rangs horizontaux, chacun des produits partiaux presquetous faits, de sorte qu’on n’a qu’à les transcrire , et les addi-
(i) Rfialidologlae seu numerationis per virgulas , libri 2, &c. Auct, J.Nepero, tkc. Edimburgi, 1627, in-12. lt. Lugd. Bat,, 1628.
Tome II, D