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tionrer, pour avoir le produit total. Cette opération est assezcommode pour la multiplication, mais la division n’en reçoitpas un soulagement fort sensible ; c’est pourquoi on ne peutregarder ce moyen d’abbréviation , que comme une curiositémathématique. Je doute qu’aucun arithméticien l’ait jamais pra-tiqué que par l’orme d’amusement. On trouve au reste cetteinvention de Neper fort bien expliquée, soit dans le Cours demathématique de Wolff, soit dans les Récréations mathéma-tiques de l’édition de 1778. Ce même ouvrage de Neper présenteplusieurs autres moyens singuliers et curieux , de pratiquerles mêmes operations, comme sur les cases d’un échiquier, &c.Après ces détails sur les travaux de Neper, nous reprenonsle fil principal de notre sujet.
L’invention des logarithmes ne fut pas moins accueillie dansle continent, qu’elle T’avoit été en Angleterre. Mais c’est à Keplerqu’on eut le plus d’obligation à cet égard , quant à la théorie ; etau libraire Holl&udois Vlacq , quant à la pratique et l’usage.Neper 11’eut pas plutôt publié son ouvrage, que Kepler le médita,et entreprit de rendre ses idées plus accessibles à tout le monde.Il publia dans cette vue , en 1624, son ouvrage intitulé : ChiliasLogarithmorum ad totidem numéros rotundos pracmissa dé-monstrations légitima ortus Log. eorumque usas. ( Lintz. in-t\ j°).Mais cet ouvrage étoit prêt dès 1622 , et même avant , comme ilnous l’apprend dans le Supplementum , qui en fait la secondepartie , et qui vit le jour en 1620. Kepler y expose , qu’il avoit vuplusieurs mathématiciens, chez lesquels l’âge tempérant l’ardeurdes nouveautés , ils lui avoient témoigné de la défiance sur l’usagede cet abrégé de calcul , et de la répugnance à admettre danscette théorie la considération du mouvement. Kepler entrepritdonc de déduire la théorie de Neper, d’après des principes en-tièrement à l’abri de ces exceptions , en la fondant uniquementsur la théorie des rapports géométriques , admise de tout temps.Il l’exécute en effet avec beaucoup de sagacité , et au moyen del’échafaudage de quantité de notions claires et de propositionssuccessives et rigoureusement démontrées. Comme le calcul astro-nomique étoit'son principal objet, il construisit ses tables danscette vue; elles ont cela de remarquable, que, tandis que dansnos tables trigonoinétriques , ce sont les arcs qui croissent uni-formément et par des différences égales ; dans celle de Kepler ,ce sont les sinus eux mêmes qui croissent uniformément ; et dansles différentes colonnes qui accompagnent celle-là , on trouveleurs logarithmes , les arcs croissant inégalement , les vingt-quatrièmes parties du jour exprimées en heures , minutes et se-condes ; et enfin les parties sexagésimales de l’unité , cette unitérépondant au sinus total. Tout cela étoit fait pour être adapté au