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Tome second.
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58 HISTOIRE

de nouveau, car il paroît par une lettre écrite dès 1639, qu’ill’avoit déjà fait de son propre mouvement. Mais il n’eût pasla satisfaction de voir ce problème résolu ni même de savoirs’il l’avoit été quelque part, ce qu’il demandoit instaurent dansune de ses lettres. Cavalleri, tout habile géomètre qu’il étoit,y échoua, et Galilée mourut en 1642. Que peuvent répondreà ces preuves écrites, ceux qui, comme Groningius, Carlo-Dati (1), ont prétendu faire honneur à l’Italie, de la pre-mière solution de ce problème.

Après la mort de Galilée, ses deux disciples et compa-gnons de sa vieillesse, Torricelli et Viviani , informés desinvitations qu’il avoit reçues de travailler à ce problème , yessayèrent leurs forces. Torricelli trouva l’aire, et Viviani lestangentes (2); le premier en reçut au commencement dei64d, les félicitations de Cavalleri qui convenoit avoir fait devains efforts pour surmonter la difficulté du problème ( 3 ).Torricelli faisoit alors imprimer ses ouvrages ; il y inséra parforme d’appendix, ce qu’on avoit trouvé en Italie sur ce sujet.On ne peut disconvenir que Torricelli et Viviani n’ayent purésoudre au-delà des Monts, un problème déjà résolu en deçà;et puisque Iloberval étoit si jaloux de sa découverte, il luisuffisoit d’établir par des pièces authentiques son droit surelle, au lieu de la fulminante et pédantesque lettre qu’il écrività Torricelli, et dans laquelle il n’a pas su faire valoir la seuleraison irréfragable qu’il pouvoit alléguer , savoir le livre deMersenne , imprimé en 1637. Cette preuve eût mieux valu quetoutes ses protestations et adjurations aux immortels , ainsique la longue histoire qu’il fait de ses méditations sur lacyclcïde. Dans des contestations de ce genre, on n’a égardaux faits avancés par les parties, qu’autant qu’ils sont fondésen preuves écrites.

M. Pascal, dans son Histoire de la Roulette ( Cycloïde ) ,dit que Roberval ayant trouvé l’aire de cette combe vers l’ani 634 , Mersenne l’exhorta à cacher sa solution pendant un an ,et qu’il invita tous les géomètres de l’Europe à la rechercher.L’un et l’autre de ces faits me paroissert peu exacts. Card’abord il est contasté par la correspondance de Descartes,citée plus haut, qu’il n’a eu connoissance du problème quevers 1608, où Mersenne lui en paila pour la première fois;et qui pourra penser que ce correspondant de notre philo-sophe, eût oublié de le mettre au premier rang des géomètres

(1) Lettera i Pkilalt'.hi. (5) Groning. Ibid.

(2) Lettre de Torricelli à Roberval ,

Ane. Mim . de l’Acnd. , t. 6 .