DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. V. 2 9 5auteurs , qu’il eut les yeux crevés ; l’intérêt de la véiité nousoblige de remarquer qu’au milieu de cette odieuse procédureon eut quelques égards pour sa célébrité ; car Viviani (1 ) nousapprend que le lieu de sa prison ou de ses arrêts , fut le palaisde l’ambassadeur de Fiance , qui étoit un Noailles , et auquelnous devons la publication en France de plusieurs petits ou-vrages de Galilée , qu’il lui avoit donné , en manuscrit, il nepassa dans la maison de l’inquisition qu’au moment où sonjugement alloit lui être signifié j mais on ne le menaça pasmoins de la peine de relaps , s’il ne désavouoit une secondefois son sentiment , et s’il osoit jamais plus enseigner de vivevoix ou par écrit, le mouvement de la Terre. C’est par ces voiesqu’on obtint de lui l’humiliante 1 étractation qu’on publia danstoute l’europe , et dont triomphèrent les ennemis de Copernicet les siens ; elle est du 20 juin 1 663 . On la lit dans Riccioli (2)avec le décret de l’inquisition qui le précède 5 on ne se bornapas à exiger de Galilée cette rétractation ; par une rigueur révol-tante on le condamna à une prison perpétuelle en punition desa rechute , sauf’à lui faire grâce, et en effet on le retint encoreun an dans le lieu que nous avons dit. Enfin lorsqu’on le relâchaon prit des mesures pour qu i! restât en quelque sorte toujourssous la main de l’inquisition , en lui ordonnant de ne pointsortir du territoire de Florence , où , comme on l’a rapportéplus haut , il termina sa carrière en 1642.
V,
Les écrits et la condamnation de Galilée ayant été commele signal de la guerre qui s’alluma dans le monde philoso-phique , au sujet du mouvement de la Terre , guerre qui duraprès d’un demi siècle , nous avons cru devoir saisir cette époquepour en tracer le tableau.
En effet, une question si intéressante dans l’astronorme-phy-sique , et à laquelle la condamnation de Galilée donnoit encoreune plus grande célébrité, ne pouvoit manquer de partager tousceux qui couroient la carrière astronomique , ou qui avoientquelques prétentions en ce genre. Morin fut en France un despremiers qui entrèrent dans la lice ; cet homme , fameux parson attachement à l’astrologie judiciaire , quoiqu’il ne fût passans mérite du côté des connoissances astronomiques , publia
(1) Vita di Oalileo , Sec. Fasticon- (2) Almag, nov, tom. II, lib. 9 'sol. de II’ acad. Fiorentina . Hcuman ,
Acta philos, tçm. III.