a</, HISTOIRE
en îé'L un livre , où prétendant avoir enfin résolu démonstra-tivement la question du mouvement de la terre (1 ), il se décla-roit contre Copernic et Galilée. Mais ce n’est qu'un réchautlédes objections péiipatéticiennes déjà si souvent laites et si sou-vent repoussées. Comme son grand et piincipal argument étoitcelui de la chute des corps gra\es , que les adversaires de Co-pernic pivtendoient ne pouvoir se l’aire dans la perpendiculairesi la terre avoit un mouvement île rotation , ce fut pour Gassendil’occasion de provoquer à une expérience simpte , pour prouverque dans ce cas un corps tornberoit dans la verticale, ün a parléde cette expérience dans l article VI du IV e . livre ue la partieprécédente ; et ce fut un des objets de son livre , intitulé Dejnotu intpresso à mâture translata, Epistolae IV, où quoiquepar ménagement Morin ne lût pas même nommé , et qu’il n’yeût que des expressions fort modérées , celui ci ne laissa pasd’être fort affecté. C’est pourquoi rassemblant en quelque sortetoutes ses forces , comme Turnus combattant contre Enée , illui lança et aux Coperniciens , son livre, intitulé Alae Tel/urisfractae ( Paris. 1641 , , sous lequel il crut ou affecta de
croire et de publier à qui voulut l’entendre , qu’il les avoitécrasés et ensevelis.
Gassendi avoit dessein d’y répliquer par un écrit , qu’il avoitintitulé Apolugia pro Petro Gassendo , &c. qu’il avoit mêmedéjà envoyé en Hollande pour l’impression ; mais il le retira àla sollicitation de quelques amis communs , qui s’interposèrententre eux , et les réconcilièrent; car ils avoient été ancienne-ment amis , et Gassendi l’avoit même servi dans sa fameusequerelle sur les longitudes. Mais il étoit difficile que deux carac-tères aussi étrangement dissemblables pussent sympatiser long-temps ensemble ; car l’un étoit l’homme le plus doux , le plusmodeste , et le plus ennemi de toute querelle ; l’autre l'hommele plus vain , le plus insolent dans la dispute, et ayant par-dessus tout cela la manie de l’astrologie judiciaire , que Gas-sendi , doué d’un esprit juste et religieux , ne pou voit sons cesaspects qu’apprécier convenablement , ainsi que celui qui enfaisoit son idole.
il s’écoula ainsi quelques années sans nouvel acte d’hostilitéentre eux ; mais une copie de l’apologie ci-dessus , ancienne-ment envoyée au prieur de la Valette , astronome lui-même, etancien ami de Gassendi 1 , étant tombée après sa mort entre lesmains de Nevré , ami de ce dernier , il la lit imprimer à Lyonen 1641; ; ce qui porta le dernier coup à cette amitié déjà lort
( 1 '1 Farnosi problematis de telluris motu t el quiete , hactenus optata so-lutio. Par. 1631, in- 4°.
refroidie.