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Tome second.
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3 o 4 HISTOIRE

s’écrier , oh sont-Us ces gens qui peuvent prouver que les deuxsont ronds (1) ? Mais St. Jérôme reprend rudement ceux qui ,se fondant sur les passages ci-dessus , nioient cette vérité. C’est,dit-il ( 2.) , une grande imbécillité , ( je me sers d’un terme équi-valent à celui de ce St. Père , qui d’ordinaire ne ménageoit passes expressions ), si quelqu un , trompé par ces paroles d’Isaïe,pensait que le ciel est en J'arme tie vante , et non tout à-faitrond. Que dirons-nous encore de ce passage des Rois et des Pa-ralipomènes , où on lit de la mer d'airain placée par Salomondans le temple , qu’elle avoit dix coudées de diamètre et trentede circonférence. Il y a eu sûrement quelque imbécille qui sefondant sur ce passage a ri des géomètres qui cherchent encorele rapport du diamètre du cercle à la circonférence.

C’est ici le lieu de parler de la déclaration donnée par leP. Fabri, grand pénitencier de Rome , concernant le systèmede Copernic. Ce savant jésuite , dans un écrit sous le nomd’Eustache de Divinis , écrit lait sous ses yeux , et presque sonouvrage , dit que l’église est autorisée à maintenir sa décision ,tant qu’on n’aura aucune démonstration du mouvement de laTerre ; que lorsqu’on en aura trouvé une , alors elle ne fera au-cune difficulté de déclarer qu’on peut entendre les passages enquestion dans un sens figuré Une pareille déclaration ne prouve-t-elle pas déjà qu’on a mal à propos interposé l'autorité de l’é-glise dans cette querelle philosophique. S’il est aujourd'hui tlefoi , suivant la censure du St.-Office , qu’il faut entendre à lalettre les passages de l’écriture contraires au mouvement de laterre , comment peut-on dire que ce tribunal se réserve de dé-clarer un jour qu’on peut ne leur donner qu’un sens figuré. Lavérité est unique et immuable ; si le tribunal dont nous parlonsest infaillible , le mouvement de la terre est une erreur , et onne sauroit jamais en trouver une démonstration. La déclarationdont nous parlons est donc un aveu que la décision dont il s’agitn’est qu’un jugement provisoire; si ceux dont il émana avoienteu plus de jugement et de savoir , ils eussent senti combien ilscompromettoient leur autorité en l’interposant dans une ques-tion de ce genre ; ils eussent craint qu’il ne leur arrivât ce queKepler dit ingénieusement à ce sujet : Dolabra in ferrum im-paettw nequidem lignum secat. Mais à quoi bon aujourd’huiune pareille discussion ; on sait assez que nous autres Françoissommes désormais assez aguerris pour qu’elle nous soit parfai-tement inutile.

(i) Hom. 14. ad Epist. ad Hebr. (2) 1 . III, Comm, in ep. ad Cal. c. 3.

VI.