DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. V. 3o5
V I.
Quoique le mouvement de la terre soit appuyé sur un assezgrand nombre de preuves , telles que les comporte le genre dela question , je veux dire , l’accord avec les phénomènes astro-nomiques , l’ordre et cette simplicité qui caractérise tous lesouvrages de la nature , la réponse enfin péremptoire à toutesles objections élevées par le préjugé ou l’ignorance , on n’a paslaissé de chercher une preuve positive de ce mouvement ; ellerésideroit dans la démonstration de la parallaxe annuelle del’orbe terrestre , et dans la détermination de cette parallaxe. Jem’explique : si la terre est en mouvement autour du soleil, etque son orbite soit d’une grandeur comparable à la distance desfixes , une de ces étoiles étant observée en différentes saisonsne paroîtra pas précisément dans la même situation , mais ellesera tantôt plus , tantôt moins éloignée du pôle ou du zénith.Car que Te {Jig. 90 ) soit , par exemple , un diamètre de l’orbitede la terre , du Capricorne au Cancer, etAy?PB le colure dessolstices , il est évident que l’étoile A sise dans ce colure paroîtradans un temps éloignée du pôle de l’angle PT A, et dans l'autrede l’angle pt A , ou bien en considérant la distance au zénith ,cette distance sera dans un temps l’angle ZTA , et dans l’autrezt A. Or il est facile de voir que l’angle PT A surpasse ptK dela quantité de l’angle T kt\ il en est de même de l’angle Z AT ,relativement à zt\. Ainsi une étoile située dans le colure dessolstices du côté du septentrion devroit paroître plus voisine duzénith ou du pôle vers le solstice d’hiver que vers celui d’été ,si la parallaxe annuelle étoit sensible ; ce sera le contraire àl’égard de l’étoile B située dans ce colure du côté du midi. Sadistance au zénith lors du solstice d’hiver , sera plus grande qu’ausolstice d’été , car 1 angle zt B est plus grand que ZTB de laquantité de l’angle TB t. De même que nous avons supposé lediamètre T t de l’orbite terrestre , être celui qui va d’un dessolstices à l’autre , si c’étoit celui qui joint les points équino-xiaux , il faudroit que l’arc AZB où seroient les étoiles obser-vées , fût le colure des équinoxes ; ainsi c’est d’un équinoxe àl’autre que se fera la plus grande variation de la hauteur d’uneétoile située aux environs de ce cercle. Cette attention est néces-saire pour porter un jugement sur l’accord des aberrationsobservées avec le parallaxe annuelle ; car toute aberration nelui est pas favorable , et faute de cette attention , on a vu d’ha-biles astronomes se tromper dans les conséquences qu’ils onttirées de leurs observations.
Tome II. Q q