DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. V. 3 07une parallaxe annuelle ; mais cet astronome célèbre tomboit, enconcluant ainsi, dans une méprise. Le résultat de ses observatioris 11’étoit pas celui que devoit donner cette parallaxe ; alieu île trouver la distance de l’étoile polaire au zénith , plugrande en hiver qu’en été , il aurnit fallu la trouver plus grand eaux environs de l’équinoxe du printemps qu’à ceux de l'équi-noxe d’automne. C’est ce que M. Cassini le fils démontra dan sles mémoires de l’académie de 1699 , en considérant la situationde l’étoile polaire à l’égard du petit cercle que décrit sur la sur-face concave de la sphère des fixes , l’axe de la terre prolongé.M. Roeiner fit aussi la même remarque , et en fit part à M.FUmstead. Il y avoit même déjà quelque temps que cette aber-ration de l’étoile polaire avoit été observée par M. Picard ,dans son voyage d’Uranibôurg , et par les astronomes de l’Ob-servatoire de Paris. Mais après avoir soigneusement examiné sice n’étoit point une preuve de la parallaxe annuelle , il avoitconclu que non , et il avoit proposé quelques conjectures surla Cause de ce phénomène (1). M. Gregori rejette la conséquenceque Flamstead tiroit de son observation par un autre motif. Ilpeut se faire , dit-il , que la Nutation de l’axe de la terre auxdeux points solsticiaux soit inégale : cela est même probable àcause de l’éloignement inégal du soleil à la terre dans ces deuxpoints; ainsi, ajoute-t-il, l’on ne sauroit conclure, comme lefaisoit M. Flamstead de son observation , que la parallaxe an-nuelle des fixes soit sensible. La remarque de M. Gregori détrui-roit en effet l’induction qu’on pourroit tirer de cette observation ,quand même elle ne seroit pas vicieuse d’un autre côté ; maiselle porte sur celle de M. Houle , et elle ne permet pas qu’onla regarde comme décisive en faveur de la parallaxe annuelle.
Pendant que Flamstead travailloit à déterminer la parallaxede l’orbite de la terre , par les vacations de déclinaisons desétoiles , M. Koemer qui connoissoit les exceptions qu’on peutproposer contre ce moyen , suivoit une autre voie qui lui pa-roissoit sujette à moins de difficultés. Il commença l’année 1692à observer les variations des ascensions droites de deux étoiles,par la différence des intervalles de temps qui s’écoulent entreleur passage par le méridien ; et après dix-sept à dix huit ansd’observations , il crut pouvoir assurer que cette différence étoitassez sensible pour la pouvoir regarder comme une démonstra-tion de la parallaxe annuelle des fixes. Il trouvoit en effet quela somme des parallaxes en ascension droite de Sirius et de laLyre , alloit au-delà d’une demi-minute , et étoit moindre quetrois quarts de minute. Il se préparoit .en 1710 à publier ses
(1) Voyages d’Uranibourg , et Mêni. de l’acad. de 1693.
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