DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. I.iv. V. 3o 9pliqué de petites oscillations , tantôt dans un sens , tantôt dansun autre, que ce moyen est insuffisant.
On doit aussi à MM. Cassini et Maraldi , des tentatives pourdéterminer la parallaxe annuelle; M. Cassini observa en 1714 ,la hauteur de Sirius par le moyen d’un télescope fixé dans unesituation invariable , et ayant égard à la progiession des fixes,il trouva que depuis le mois de juillet jusqu’à celui d’octobre ,cette hauteur avoit diminué de 5 " et demie, et que de là au moisde décembre elle diminua encore d’autant , c’est-à-dire , que ladifférence des hauteurs de cette étoile aux environs du solstice,étoit de onze secondes. Cette observation est conforme à la loide la parallaxe annuelle. Sirius est l’étoile B , située près ducolure des solstices , que nous avons vu devoir être plus éloi-gnée du zénith au solstice d’hiver , qu’à celui d’été.
M. Maraldi a suivi la méthode de M. Iloemer ; il observaen 1704 et 1705 les différences d’ascension droite de Sirius etd’Arcturus, et il en fit paît à M. Manfredi, qui en a trouvé lesunes conformes, les autres contraires à la parallaxe annuelle.M. Manfredi enfin a fait pendant les années 179.7 , 1728 et 17^9 ,des observations dans cette même vue et de la même manière,par le moyen de la brillante de la Lyre, et de celle de la Chèvre.Il est remarquable que pendant que M. Ilorrebov trou voit àCopenhague des différences d’ascensions favorables à la parallaxede l’orbite , M. Manfredi en trouvoit île contraires à Bologne.
Si toutes les observations dont nous venons de faire l’his-toire , eussent toujours été conformes à la loi de la parallaxeannuelle , c’eût été une preuve sans répliqué de l’existence decette parallaxe , et en même temps une démonstration évidentedu mouvement de la terre. Mais il faut en convenir , leur con-trariété montre qu’on ne sauroit en rien conclure en faveur decette parallaxe ; ce sont les réflexions qu’a faites M. Bradley ,et qui l’ont conduit à rechercher une autre cause de ces aber-rations. Ce célèbre astronome , à l’assiduité et à la sagacitéduquel les phénomènes les plus insensibles n’échappoient pas , seproposant de déterminer la parallaxe annuelle des fixes, obser-voit en 1725 , avec un soin et des précautions qu’il seroit troplong de décrire ici , les variations de déclinaisons de diversesétoiles qui passoient fort près de son zénith ; mais il apperçutbientôt qu’elles ne s’accordoient point avec cette parallaxe.Frappé de ce phénomène , il en rechercha une autre explica-tion , et il la trouva enfin dans le mouvement de la terre surson orbite , combiné avec celui de la lumière autrefois décou-vert par Roerner, et qui quoique sujet à quelques difficultés , nelaisse pas d’être plus que probable en saine physique. Ce n’estpas ici le lieu d’entrer dans l’explication de cette savante théorie ;