3io HISTOIRE
il me suffira de dire que la manière heureuse dont elle satisfaità tous les phénomènes de ces aberrations des fixes , observéesen divers lieux et en divers temps , l’a fait adopter avec accla-mation des astronomes , et nous ne craindrons pas d’ajouter ,que de l’admirable accord de cette explication avec les phéno-mènes naît une nouvelle preuve du mouvement de la terre.
Mais que dirons-nous de la parallaxe annuelle ; est-elle abso-lument insensible, et l’orbite de la terre n’est-elle qu’un pointà l’égard de la distance des fixes ? C’est une question à laquelleon peut seulement répondre qu’il est aujourd’hui démontré quela parallaxe de l’orbe terrestre ne sauroit être plus grande que detrois à quatre secondes. Si elle étoit plus considérable, commede huit à dix secondes , elle eût été certainement reconnue etdémontrée par les moyens que présente aujourd’hui l’astronomiepratique portée si près de la perfection. Supposons donc la pa-rallaxe annuelle de l’orbe terrestre de huit à neuf secondes ,qui est à peu près la parallaxe horizontale du soleil, nous allonsd’après cette supposition , donner une idée de la distance desfixes , relativement à la totalité de notre système planétaire : lacomparaison suivante nous a paru très-propre à remplir cetobjet d’une manière sensible.
Qu’on se représente au milieu du jardin des Tuileries le Soleilcomme un globe de neuf pouces environ de diamètre; la pla-nète de Mercure sera représentée par un globule d’environ4 de ligne circulant autour de lui à la distance d’environ vingt-huit pieds. Vénus le sera par un globe d’une ligne environ ,éloigné du même centre d’environ cinquante - quatre pieds.Placez à soixante-quinze pieds un autre globule d’une ligne dediamètre circulant à cette distance autour du même centre ;voilà la Terre , ce théâtre de tant de passions et d’intrigues ,dont le plus grand potentat possède à peine un point sur lasurface , et cause entre les animalcules qui 1 habitent tant dedébats et d’effusion de sans. Mars un peu moindre que la terrecirculera à la distance de cent quatorze pieds ; Jupiter ,figuré par un globe «le dix lignes , sera éloigné du point centralde trois cent quatre vingt-dix pieds ; et baturne , représenté parun globe d'environ sept lignes , fera sa révolution à sept centquinze pieds de distance. Ajoutons y , si l’on veut, la nouvelleplanète découverte par M. Herschel , elle circulera à l'entourdu soleil , à la distance d’environ «piinze cents pieds , et sousla figure d’un globe de quatre lignes ou environ de diamètre.
Mais de là aux étoiles voisines la distance est immense; cardu premier abord , on se figurcroit que les premières serraientpeut-être à deux , trois ou «juatre lieues ; mais on seroit bienloin de la réalité. Cette première étoile devroit être placée à une