DES MATHÉMATIQUES. Part. IV; Liv. V. 3 ndistance au moins égale à celle de Paris à Lyon , en supposantla parallaxe annuelle de huit secondes et demie ; que seroit-cesi nous la supposions , comme elle est très-probablement , c’est-à-dire , seulement de deux à trois secondes ? Une parallaxe dedeux secondes recule la plus voisine des fixes à une distance.qui n’est guère moindre que celle de Paris à Home ; et en la sup-posant d’une seconde seulement , à une distance guère moindreque de Paris à Constantinople. Ainsi donc notre système solaire,c’est-à-dire, composé de nos sept planètes principales et de leurssecondaires , est dans la première supposition à la distance desétoiles fixes les plus voisines , à peu près ce qu’est un cerclede quinze cents pieds de rayon à un de cent lieues , qui luiseroit concentrique. Qu’on juge par là de la petite place qu’yoccupe notre terre , et de la petite figure qu’elle y fait ; qu’elleest propre à humilier ces êtres orgueilleux qui , n’occupant eux-mêmes qu’un infiniment petit de cet atome , pensent que l'uni-vers a été fait pour eux.
J’avouerai qu’en considérant ces vérités trop bien démontrées ,j’ai quelquefois regretté que le système ancien ne fut qu’uneillusion ; car au moins dans ce système l’homme placé au centrede l’univers , paroissoit être quelque chose dans les mains cLeson auteur. 11 pouvoit s’énorgueillir un peu de ce qu’un si bril-lant spectacle avoit été fait pour son utilité et son plaisir ; maisdans l’état réel des choses , qu’est-ce que l’homme , et qu’il amauvaise grâce de nourrir dans son cœur des sentimens d’orgueil.
V I I.
C’est le sort de la plupart des inventions brillantes que d’êtredisputées par plusieurs prétendans ; celles que nous venons d’ex-poser n’ont pas été exemptes de cette loi presque générale , etGalilée a trouvé plusieurs rivaux qui ont revendique sur lui; lesuns la découverte des taches du soleil , d’autres celles des satel-lites de Jupiter. Mais parmi ces concurrens à l’honneur des pre-mières découvertes faites au moyen du télescope , je n’en trouveaucun dont le droit soit mieux établi que celui de J. Fabricius.En effet son écrit intitulé , de maculis in Sole visis et earumcuni sole revolutione narratio , in-q°. , parut à Wittemberg aumois de juin 1611. Si l’on doit quelque foi à la date des écritsimprimés , on ne peut lui refuser l’honneur d’avoir le premierdévoilé le phénomène des taches du soleil , et la révolution decet astre.
Ce Jean Fabricius étoit fils de David Fabricius , pasteur dansla Ost-Frise 3 qui étoit lui-même un astronome et un zélé obaer-