Band 
Tome second.
Seite
315
JPEG-Download
 

DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liy. V. 3i5utile aux artistes. La Préface du livre du P. Scheiner est tout-à fait curieuse.

11 nous reste à parler d’un troisième prétendant à l’honneur desmêmes découvertes que celles de Galilée $ c’est Simon Marins ,mathématicien et astronome de l’électeur de Brandebourg. Mariuspublia en 1614 son 131 un dus Jovia/is anno 1609 dctcctus , &c. ;il y fait à ce sujet une histoire sur la vérité de laquelle il attesteun M. Fuchs de Bimbach , conseiller intime de l’électeur , et ilprétend avoir vu les satellites de Jupiter dès les derniers joursde décembre de l’année 1609. Nous ne savons ce qu’on doitcroire de ces protestations ; mais ce qui est bien certain , c'estque l’hypothèse et les tables qu’il donne pour calculer les mou-vemens de ces petites planètes , ne s’accordent en aucune ma-nière avec la réalité. Galilée en prenoit occasion de douter queMarius , loin de l’avoir prévenu dans leur découverte , les eutjamais vues. Mais M. Cassini trouve cette conséquence forcée,et remarque qu’on ne peut douter par certaines circonstances ,que Marius ne les ait observées , quoiqu’il ait été peu heureuxdans l’invention des moyens de représenter leurs mouvemens.Cet astronome s’est nii^ aussi sur les rangs pour la découvertedes taches du soleil , qu’il dit avoir observées dès le 3 août 1611}c’est une prétention sur laquelle on ne peut rien statuer.

VIII.

Quand il n’y auroit que la curiosité qui fut intéressée à la me-sure de la terre , c’en seroit une bien légitime et bien raison-nable. Quoi de plus naturel à l’homme que de désirer connoîtrela grandeur du globe qui lui a été assigne pour habitation? Maisnous ne nous bornerons pas à ce motif pour justifier l'inquié-tude que les astronomes ont montrée , surtout depuis un siècleet demi , pour parvenir à la connoissance de cette mesure ; ilne faut qu’être initié dans la géographie pour sentir que cetteconnoissance est de la plus grande utilité, et même qu’elle estla base d’une géographie parfaite. Quelles erreurs ne commet-troit-on pas dans les distances d une infinité de lieux dont lespositions respectives ne sont déterminées que par des observa-tions astronomiques , si l’on ne savoit quelle étendue répond àun certain nombre de degrés sur la terre. La navigation faitaussi un usage presque continuel de cette mesure ; c’est sur ellequ’est fondée Y Estime , qui est un des principaux élémens decet art.

On a déjà rendu compte dans les endroits convenables desefforts que firent autrefois les Grecs et lo s Arabes pour mesurer

R r 2