3i 6 HISTOIRE
la terre. Mais les déterminations qu’ils nous ont transmises n’é-toient point capables de satisfaire , dans des temps où l’on com-mençoit à aspirer à une grande exactitude. N’y eût-il eu que1 incertitude du rapport de nos mesures aux leurs , ce seul motifeût exige qu’on réitérât ces opérations ; à plus forte raisotr celaétoit-il nécessaire , lorsque par l’examen de leurs procédés, onétoit assuré qu’ils rr’avoient pas mis dans cette déterminationtonte l’exactitude et le soin qu’elle exigeoit.
Le fameux Fernel , médecin et mathématicien du seizième6Îècle , est le premier des modernes qui ait entrepris de déter-miner de nouveau la grandeur de la terre. Il alla de Paiis àAmiens, qui est presque sous le môme méridien , en mesurantle chemin qu’il faisoit par le nombre des révolutions d’une rouede voiture , et en s’avançant jusqu’à ce qu’il eût trouvé préci-sément un degré de plus de hauteur du pôle ; il détermina parce moyen la grandeur du degré , de 56 ~46 toises de Paiis. Cetteexactitude feroit beaucoup d’honneur à Fernel , si elle étoit uneffet de la bonté de sa méthode ; car on sait aujourd’hui quece degré est de 67060 toises environ : mais qui ne voit que cefut seulement un heureux hasard qui l'approcha si fort de lavérité , et à apprécier le procédé qu’il suivit , qui auroit oséle soupçonner ? On lit les détails de cette opération de Ferneldans celui de ses ouvrages , intitulé Cosmotheoria.
On fut ainsi jusqu’au commencement du siècle passé sansmesure de la terre , sur laquelle on pût faire quelque fonds ;ce motif engagea alors divers astronomes à y -procéder d’unemanière plus géométiique et plus exacte. Snellius commença etdonna l’exemple. Il est l’auteur d’une excellente méthode pourmesurer en toises la longueur d’un grand arc du méridien.Comme elle est la base de toute cette opération , et qu’elle aété employée par les astronomes de toutes les nations , qui ontdéterminé dans le dernier siècle et dans c lui ci, la grandeuret la figure de la terre , nous allons l'expliquer.
Qu’on imagine aux environs de la méridienne , et à peu prèsdans sa direction , une suite de lieux éminens , comme desmontagnes , des tours , A , 13 , C, D , &c. (fy. 91 ). On relèveavec un instrument fort exact, les angles que font les lignestirées de ces objets les uns aux autres , et l’on forme par cemoyen une suite de triangles liés ( c’e-.t-à dire a\ant quelquecôté commun , et tous leurs angles connus ) , qui se termineaux extrémités de la distance à mesurer. On a aussi le soin dedéterminer vers le commencement la position d’un des côtésde ces triangles avec la méridienne , d’où il est aisé de conclurecelle de chacun des autres côtés. Cela fait, 011 mesure actuelle-ment, c’est-à-dire avec la toise , dans queiqu’endroit commode,