DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. V. 3 2 iII avoit annoncé son observation en 1609; niais aussitôt aprèsla découverte des taches du soleil, il vit qu'il s’étoit trompé,et il reconnut que ce qu’il avoit pris pour Mercure dans lesoleil , n’étoit qu’une tache qui se trouvoit par hasard alorssur le disque de cet astre. C’est le jugement qu’on doit aussiporter de quelques autres observations semblables, faites dansdes siècles anterieurs, comme celle que Lycosthène rapporteà l’an 778, celle de l’anonyme historien de Louis le débonnaire,faite l’an 807, et une troisième attribuée à Averroès. Keplerayant reconnu son erreur, rectifia sa théorie sur de nouvellesobservations, et enfin avertit en 1629 les astronomes, de sepréparer à observer Mercure sous le soleil le 7 novembre del’année i 63 i. Il annonçoit un passage semblable de Vénus pourle 6 décembre de la même année. A la vérité , ce dernierdevoit arriver durant la nuit à l’égard de l’Europe; mais Keplerne se tenoit pas assez sûr de ses calculs, pour oser prononcerqu’il ne seroit pas visible dans cette partie de la terre.
Un grand nombre d astronomes se tinrent prêts à l’obser-vation de Mercure ; mais peu furent assez heureux pour lafaire. Tous ceux qui se contentèrent d’introduire dans la chambreobscure l’image du soleil , comptant y appercevoir Mercure ,furent frustrés de leur attente, il n’y eut que ceux qui se ser-virent du télescope pour contempler immédiatement le soleil,ou pour former son image, qui apperçurent cette petite pla-nète. Tels furent Gassendi à Paris ; le P. Cysatus, jésuite àlnspruk ; Jean Remus Quietanus , médecin et mathématiciende l’empereur Mathias , en Alsace, et un anonyme à Ingolstadt.Nous ne connoissons aucune circonstance des observations destrois derniers; ainsi nous nous bornerons au récit de celle dupremier , après quelques détails historiques sur sa vie , sa per-sonne et ses écrits mathématiques.
Le célèbre Gassendi est communément moins connu commeastronome que comme philosophe , et comme ayant tenté deressusciter la philosophie Epicurienne; non cependant cette phi-losophie impie et absurde qui attribue au hasard l’origine del’Univers et de tous les êtres, qui fait consister le bonheurdans les plaisirs des sens ; mais celle qui admet les atomes, levuide, &c. et dont plusieurs dogmes sont assez conformes àceux de la physique moderne. 11 étoit né dans le territoire deDigne, d’un père qui n’étoit qu’un bon laboureur, et qui nele vit pas sans peine se jetter dans la carrière des sciences.Après plusieurs années de séjour, tant à Aix qu’à Digne, oùses amis, M. de Peiresc, M. Gauthier, prieur de la Valette ,l’un et l’autre amateurs de l’astronomie et observateurs, lui pro-curèrent la première dienité de son chapitre, il vint à Paris,Tome II. S s