324 HISTOIRE
le plus prochain que nous puissions attendre, est celui du 7 mai3799 Comme nous nous proposons de traiter avec quelqn’éten-due la théorie de ces passages , nous nous bornerons ici à cequ’on vient de lire.
Les mêmes raisons qui faisoient désirer aux astronomes devoir Mercure sous le soleil , rendoient aussi très - importantun passage de Vénus sous cet astre. Kepler l’avoit annoncépour l’année ] 63 i : mais comme nous l’avons dit, il n’eut paslieu ; et même on sait aujourd’hui qu’il n’eut lieu pour aucunendroit de la terre , Vénus ayant passé à plus de 16' du centredu soleil. Il ne fut donc point observé , et Kepler ayant pro-noncé qu’il n’y en auroit point d’autre durant tout le reste dusiècle , les astronomes laissoient à leurs successeurs le plaisirde ce rare spectacle.
Kepler se trompoit néanmoins , et ce fut un jeune astro-nome confiné dans le fond de l’Angleterre , presque destituéde secours et d’instrumens, qui s’en apperçut, et qui fit lepremier cette observation si rare et si précieuse. Ii se nom-moit Horoxes ; né dans le comté de Lancastre de parens peuriches, il avoit pris le goût de l'astronomie vers i 633 . Maisprivé de secours et de livres, il coinmençoit à se rebuter, lors-qu’il fit connoissance avec un autre jeune astronome de sonvoisinage, nommé G uWaume Crabtree, qui épronvoit presqueles mêmes difficultés. Le commerce de lettres qu’ils lièrent surdes matières astronomiques , leur donna à l’un et à l’autre unnouveau courage. IL se procurèrent des livres et des instru-niens , et aidés des seu'es lumières qu’ils se corrimuniquoientmutuellement, ils firent d’importantes corrections dans la théoriedes planètes. Horoxes avoit été d’abord séduit par les magni-fiques promesses de Lansbcrge , et les pompeux panégyriquesde quelques adulateurs , qu’on lit à la tête de son ouvrage.Le premier fruit de sa liaison avec Crabtree lut de concevoirde grands soupçons contre cet astronome , et ils se tournèrentbientôt en certitude : il vit que ses hypothèses étoient vicieuses,que les observations sur lesquelles il les appuyoit, étoient eufalsifiées, ou piiees d’une manière qui approchoit de la mau-vaise foi ; enfin (pie Kepler et Tycho-Brahé étoient injustementet indignement dégradés. Il revint à ces deux 1 estauiateurs del’astronomie , dont il fit une excellente apologie contre Lansberge(1), et adoptant les idées de Kepler, il ne s’attacha plus qu’àrectilier sa théorie dans les points où elle étoit encore défec-tueuse. Il lit entr’autres diverses remarques très - importantessur la théorie de la lune , et l’hypothèse qu’il proposa pour
(*JJ Atjtronomia Keplcriana defensa et promota. Voyez ses Opéraposthima ,