DES MATHÉMATIQUÊS. Part. IV. Liv. VI. 397lit l’accueil que méritoit un homme de ce talent extraordinaire ,le seul encore , avec son frère et Leibnitz, qui possédât la nou-velle analyse dans le Continent 5 ainsi M. Bernoulli lui servit deguide , et ce fut pour son usage qu’il écrivit les Leçons decalcul différentiel et intégral , qu’on lit en latin dans le troi-sième voiuine de ses OEuvres. Il eut le plaisir de voir fructifierses instructions j le marquis de l’Hôpital devint bientôt un despremiers géomètres de l’Europe , et on le vit figurer parmi ceuxqui résolurent les fameux problèmes de mécanique transcen-dante , ceux de la courbe de la plus courte descente , desPonts-levis , &c. M. Bernoulli fit en même temps un autre pro-sélite au nouveau calcul , en la personne de M. Varignon , quil’employa depuis avec succès à quantité de recherches des pluscurieuses, et que nous verrons défendre savamment la cause dece calcul contre ceux qui entreprirent d’en infirmer la cer-titude. /
Cependant le calcul différentiel et intégral étoit encore unesorte de mystère pour la plupart des géomètres. Il étoit facile decompter dans le Continent ceux qui en avoient quelque connois-sance. Ils se réduisoient presque à M. Leibnitz, aux deux frèresJacques et Jean Bernoulli , au marquis de l’Hôpital et à Va-rignon ; enfin à l’exception de quelques pièces dispersées dansles actes de Leipsick , il n’y avoit aucun ouvrage où l’on pûts’instruire de cette méthode. M. de l’Hôpital sentit que les ma-thématiques étoient intéressées à ce que cette espèce de secretn’en fût plus un ; c’est dans ces vues qu’il publia son Analysedes infninient-petits , livre également bon et bien fait , qualitéassez rare jusqu’alors et même encore à présent, dans les ou-vrages de mathématiques , où le manque d’ordre et de méthodenuit souvent au mérite du fond. On ponrroit seulement trouverà redire que M. de l’Hôpital ne fait pas assez connoître lesobligations qu’il avoit à M. Bernoulli , de l’invention duquelsont les principales méthodes qu’on trouve dans ce livre , et cequ’il contient de plus subtil dans ce genre d’analyse. M. Ber-noulli en fut un peu indisposé lorsque parut l’ouvrage de M. del’Hôpital, et ce ne furent que des motifs de considération et dereconnoisr>ance pour la manière dont il en avoit été reçu à Parisqui étouffèrent ses plaintes ; il se contenta de les faire confi-dentiellement à Leibnitz.
Cet ouvrage de M. de l’Hôpital, quoiqu’en général assez clair
Î »our tout homme qui a quelqu’ouverture pour la Géométrie ete Calcul , a eu pour ainsi dire les honneurs du commentaire.M. Varignon en a éclairci les endroits un peu difficiles pardes notes et éclaircissemens sur l’analyse des Infniment-petits ,(Paris 1720 , in-4°. ) ; M. de Crouzas avoit donné en 1721 un